Où va l’Algérie ? Tous les indicateurs sont au rouge, que ce soit sur les plans politique, sécuritaire, économique ou social. Il se trouve que des forces cherchent à enfoncer davantage le clou afin de provoquer un meilleur balisage pour un chaos irréversible. Depuis un certain temps, des voix s’élèvent pour demander une prolongation du délai imparti par la charte pour la paix et la réconciliation nationale aux terroristes islamistes pour se rendre. Comme si la période de six mois qui leur a été accordée n’était pas suffisante ! Nulle part au monde, on ne trouve des criminels bénéficiant d’une telle sollicitude. Par quelle démence sommes-nous arrivés à une telle situation, unique dans toute l’histoire de l’humanité ? Un pouvoir qui déroule le tapis rouge devant des assassins sans foi ni loi, cela ne s’est vu que dans les films d’horreur. Un pouvoir qui, à cause d’initiatives irresponsables, ruine l’avenir du pays et jette le discrédit sur des institutions déjà fragilisées. C’est lui-même, sans chercher l’avis des citoyens, qui imagine des lois, les fait adopter pour ensuite les violer allègrement. Pour arriver à ses fins, il mobilise dans son entourage des larbins prêts à dire aujourd’hui une chose et son contraire le lendemain pour peu qu’on leur jette des os à ronger. Malheureusement, le clientélisme est devenu une forme de gouvernance en Algérie. On le voit avec tous ces gens qui s’agitent autour de la charte, et ce, pour masquer l’échec du maître du moment qui gère, et le mot est trop grand, l’Algérie selon ses intérêts propres et les humeurs du moment, à tel point que le cafouillage s’est installé au sommet de l’Etat, où les dirigeants sont incapables de faire respecter les textes qu’ils ont imposés au peuple. Un exemple ? Un assassin comme Madani Mezrag vient encore de s’exprimer alors que la charte lui interdit absolument de le faire. Aucun responsable ne lui a dit de mettre fin à ses provocations et la justice, prompte à s’autosaisir quand il s’agit de presse, adopte la politique des trois singes. Elle attend les ordres « d’en haut », mais ils ne veulent pas venir. Le prince, lui, manipule à distance ses marionnettes. Il donne l’impression de s’amuser du destin de l’Algérie et d’en tirer même une profonde jouissance. La politique de la main tendue aux terroristes ayant échoué, on persiste pourtant dans une politique négative qui ne peut donner que des résultats négatifs. A croire que le sort de l’Algérie est le cadet des soucis des maîtres du moment et que les enjeux sont ailleurs. C’est ce qu’on appelle le système mafieux dans le sens le plus horrible de l’expression. L’Algérie, à laquelle on demande des conseils sur les moyens de lutter contre le terrorisme à cause de son expérience dans les années 1990, est en train de devenir paradoxalement un paradis pour les terroristes. Les gouvernants veulent à tout prix les blanchir, quitte à classer les militaires, les policiers, les gendarmes et tous les milliers de civils assassinés par l’AIS, le GIA et autres dans la case pertes et profits. Un noble combat qu’on veut enterrer et même faire renier pour baliser le terrain à une république talibane.
28 août 2006
Le processus entre connaissance et compréhension est un chemin à parcourir, une sorte de ''mutation''. De mon point de vue, comprendre c'est acquérir une nouvelle conscience. C'est-à-dire éveiller notre conscience. L'explication théologique du péché, consiste à dire, que connaitre(savoir) et vouloir sont les deux fondements de l'acte humain. Quand j'essaie de comprendre mon évolution, je me rends compte que je suis passé par ces étapes: c'est-à-dire la connaissance reste lettre morte jusqu'au jour où je comprend vraiment ce qu'était cette connaissance. A partir de là celle-ci se traduit par l'action.
Descartes, à travers sa fameuse formule: l'homme ''maitre et possesseur de la nature'', a-t-il raison? L'homme a fait des progrès dans la science et la technique, mais ce maitre et possesseur se rend compte qu'il ne possède rien et n'est pas maitre de la nature, ni de l'histoire, ni de soi-même. Si l'homme veut être dieu de lui-même et de la nature n'a-t-il pas tout perdu? Et voilà la planète avance dans le vide sans aucun maître (!), ecrit Milan Kundera, dans l'art du roman.
Ma conviction esr que Dieu est le centre de notre existance (exister= être dans le monde, selon la formule de Kafka).Il est la substance de notre humanisme et nous ne pouvons guère passer à côté; car ignorer son existance c'est avancer dans le vide.
La décennie prochaine (où l'avenir) l'homme va, peut-être, faire l'effort de chercher le soi, à travers la guerre(!). En pensant que celle-ci servait à éveille la conscience collective,mais l'histoire nous a appris que les guerre engendre l'haine sauvage et les misères,et là en tourne en rond. Quand l'homme va compendre!
Chaque jour je me demande ce que je fais ici en france, est-ce que je l'aime ? est-ce que j'aime la paix qui berce sa vie au quotidien? du travaille, à la fac pour chercher une reconnaissance d'un déplôme que j'ai déjà eu. Pour me convaincre je me dit:"le niveau la bas est vraiment inférieur que ici". je cherche et je cherche pour trouver des reponses qui ne me donnent guère une explication à cette asile que je vais au fond de moi même. Mais je me souvient quand j'étais en Algérie, j'avais ce sentiment d'être à côté des gens, mais exilé du coeur, une beufé d'aire de liberté je la respire dès que je suis en France. un pays que j'ai adopté, aimé sa culture, sans nier mon identité, une langue que je parle sans oublier ma langue maternelle.... vivre entre les deux rives c'est accomplir la part d'un histoire que les Hommes des deux côtés n'avaient pas reconné.
voici une analyse plus juste et plus justifiée....
La loi de Peter et des cancres d’Alger
Les ministres et la dignité
«Il N’y A Que La Tombe Qui Redresse Les Bossus»
Par Mohamed Abassa
Le Président de la République découvre et dit enfin ce que tout le monde sait: il y a des ministres de la République incompétents et/ou atteints de concussion, c’est-à-dire voleurs et/ou menteurs. CQFD de ses dernières sorties. Il était grand temps.
Il le leur a dit clairement et en face, exactement comme à des petits enfants pris la main dans le sac et qu’on admoneste en conséquence: la fessée en public. Du beau mais vain travail, M. Le Président, car les ronds-de-cuir, comme l’écrivait Voltaire, ont la peau dure. Personne n’a branché et ils ont tous baissé les yeux. Personne ne démissionnera et personne ne se dit prêt à corriger ses vilains petits défauts: le mensonge et la concussion.
Et comme l’écrivait si bien et précocement Abdou B. dans Révaf des années 80, «nos ministres manquent de dignité». Et même si au nom de la solidarité gouvernementale, «un ministre ça doit se taire ou démissionner» (J.P. Chevènement en janvier 1991), il est plus que clair qu’aucun ministre ne jettera le tablier ou claquera la porte. Ce n’est pas une tradition algérienne, pas même celle de leur chef qui a assisté sans broncher à l’admonestation en règle de certains de ses pairs, dont certains avaient déjà pris goût à bomber le torse et à tirer leurs bretelles à la télévision. Mais quittons cet aspect de l’amoralité de certains de nos ministres, que découvre assez tardivement le Président de la République, qui semble apprendre à ses dépens le fameux principe de Peter (The Peter principle, par Laurence J. Peter et Raymond Hull, 1969). Que dit en gros ce principe ? Donnons la parole à son auteur qui écrit: «L’humour, l’ironie peuvent avoir une fonction de critique sociale décapante, rabaissant le prestige du pouvoir, en même temps que l’autorité et le sérieux de la psychologie scientifique, ainsi que les idéaux de la réussite. Il n’y a pas que la démocratie dont on puisse se moquer: tous les bureaucrates se ressemblent en toute dictature, dure ou molle. On appelle cela des chefs !
... Mais la banalité hiérarchique s’étend à tous les liens de dépendance, divers sectes, mafias, clientélismes et chaînes de dépendance dont la société moderne meuble dangereusement sa solitude et la disparition des liens communautaires traditionnels... Le nombre des fonctionnaires paresseux ou insolents est infini, comme l’est celui des généraux dont les hésitations démentent leurs principes hardis, des gouvernants que leur servilité congénitale empêche de gouverner réellement...
Mon étude de certains cas d’incompétence dans le travail m’a donc conduit à formuler le principe de Peter: Dans toute hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence... « (pour en savoir plus sur le principe de Peter, consulter le site http://perso.wanadoo.fr/philo/pretapenpeter.htm)
La lecture algérienne de ce principe est bien plus simple. Le cas algérien relève tout bonnement de la difficulté, voire de l’impossibilité de trouver le gardien du gardien, d’une part, et l’absence de sanctions (positives ou négatives), d’autre part. Cette double difficulté a généré une race de gestionnaires sans état d’âme, généralement sans compétence et, bien plus souvent, sans foi ni loi. Ce personnel dirigeant, dont le Président de la République est le gardien suprême, génère à son tour des sous-servants encore plus incompétents, et ainsi de suite jusqu’au plus bas de l’échelle hiérarchique, ce qu’on appelle, selon la loi de Peter, le dérèglement hiérarchique. Selon cette logique, pour se maintenir, l’incompétence a besoin de servants encore plus incompétents dans toutes ses arborescences.
Le système de recrutement et de promotion des cadres décisionnaires jusqu’au rang de ministres est généralement inspiré par un système d’équilibre et dans un esprit de partage de la rente mais pas seulement. Il en est autant inspiré, mais surtout et plus encore, par le clan, la région, la tribu, le mandarinat et un tas d’autres subjectivités dont les relations de canapé ne sont ni les seules ni les plus scandaleuses. Appelons cela les petites moeurs cachées du pouvoir apparent.
Dans la situation algérienne, au niveau macro-politique, depuis 1962, on a généralement tendance à gérer le pouvoir, rarement l’Algérie. De même, au niveau micro-politique, les hauts dirigeants gèrent leur carrière et le poste plutôt que le secteur où ils ont été faits princes par le fait du prince. Durer le plus longtemps possible et amasser le plus possible de richesses (en partage avec le parrain nommeur) est leur préoccupation majeure sinon la seule. Au diable l’Algérie, sinon comment expliquer l’affaire Khalifa, où semblent tremper de nombreux et puissants dignitaires des régimes actuel et passé.
Cette affaire-là est la démonstration tranquille du fonctionnement ordinaire et naturel de la mécanique de la corruption. Publier la liste des bénéficiaires des largesses de Khalifa et des donneurs d’ordre à son profit, c’est donner l’occasion à Bouteflika de mettre tout l’Etat algérien en prison et pour cause ! Quel haut dirigeant n’a pas été corrompu par Moumène Khalifa ? Cette liste des non-bénéficiaires est facile à publier parce qu’elle est très courte. Il faudra peut-être un jour savoir gré au jeune Moumène, par sa pédagogie cognitive du pire, d’avoir mis à nu ce système encore plus mafieux et médiocre qu’on se l’imaginait. Qui n’a pas eu sa carte American Express simple ou gold ? Mais qui donc de ces hauts dirigeants, politiques et syndicalistes, ne l’a pas eue cette fameuse carte ? Merci Moumène, merci d’avoir donné l’occasion à l’Etat de juger l’Etat algérien, aux gardiens de juger d’autres gardiens et aussi le grand gardien du gardien des gardiens. C’est cela l’énigme algérienne: trouver la solution au gardien du gardien et tout entrera dans l’ordre. Qui est gardien du Président Bouteflika ? Le Parlement ? Non. Le Sénat ? Non. Le Conseil d’Etat ? Non. Le Conseil de sécurité ? Non. Le DRS ? La censure. Mais on dira quand même peut-être. Mais dans ce contexte de pouvoirs multiples, qui est donc gardien du gardien de Bouteflika ? Personne ? Moi je sais. C’est Dieu. Mais Dieu refuse toujours d’épargner l’Algérie de ces catastrophes ministérielles qui sont, en définitive, piteuses, miteuses et calamiteuses. Une simple et stupide affaire de morale et de gestion. La corruption a mal bâti Chlef et Boumerdès. Dieu et le destin ont bon dos. Le Président a eu l’extrême courage de le dire. Il lui faudra sévir. Le peut-il ?
Par comparaison analogique, dans les pays normaux, ce sont des grands hommes et des grandes dames qu’on donne au secteur qu’ils sont appelés à gérer. En Algérie, ce sont des grands secteurs entiers qu’on donne souvent à des hommes ou à des femmes sans relief et parfois sans morale aucune. Surveillez les terminologies populaires, en Italie ou en France, où l’ont dit: «Qui vient au ministère des Transports ?» En Algérie, on dit: «Qu’a-t-on donné à Maghlaoui ? à Khalida ? Etc. Mais qui donc nomme ces gens-là ? Bouteflika ? Le DRS ? Dieu ? Marikane ? Un peu chacun ? On voudrait comprendre ce que tout le monde devine.
Je ne donnerai ici aucun nom ni d’exemples de cette perversion connue et dont les ministres bénéficiaires ne sont pas les seuls responsables. Chacun en saura faire sa propre religion. Les résultats sont connus maintenant: un aéroport attendu depuis 20 ans, un métro depuis trente ans, un institut Pasteur qui ne verra jamais le jour, le plein emploi en 1970, le décollage économique en 1980 et le bonheur absolu plus que la Suisse et la Finlande réunies en 1990.
Les résultats de ces divers rendez-vous sont connus à présent. D’une Algérie presque heureuse des années 60 qui produisait son pain et son vin pour elle-même et pour la France, d’une Algérie qui construisait ses maisons et celles des Français (plan Marshall), d’une Algérie qui montait ses voitures et ses camions, ses wagons et ses locomotives, qui fabriquait par ses frêles et jolies filles de Sidi Bel-Abbès des semi-conducteurs et des tubes cathodiques que ni l’Espagne ni la Corée du Sud ne savaient faire à l’époque, d’une Algérie prête à atteindre la modernité, qu’en a-t-on fait ? Un pays que tout être normal, à l’exception des rentiers, corrompus et voleurs, veut absolument quitter tant la hogra, l’injustice et la concussion sont généralisées. L’école, l’université et la gestion du FLN ont fabriqué des «hommes et des femmes» qui égorgent des bébés. Comment sont-elles faites ces mains d’égorgeurs d’êtres humains ? qui brûlent des usines, vitriolent des jeunes filles, égorgent des jeunes appelés et en tirent gloire, et une montagne d’autres crimes que l’humanité préhistorique n’a pas connus. Ce sont là les résultats irréfutables de la gestion de l’Algérie par les directions successives du FLN.
Aujourd’hui, de cette merveilleuse et heureuse Algérie des années soixante, qu’en avez-vous fait, messieurs du FLN et de vos bébés moustachus du RND ? Des fermiers algériens qui ne savant plus nourrir leur pays ni eux-mêmes d’ailleurs. Ce sont les Texans et les Français qui produisent notre pain: quelle honte ! Ce sont les Chinois et les Egyptiens qui nous apprennent aujourd’hui à fabriquer nos maisons: quelle autre honte ! Les Russes nous vendent les moyens de nous défendre ! Où est notre bombe atomique ? La seule bombe que l’Algérie du FLN ait produite, c’est la bombe corrosive et corruptrice.
Elle explose toujours. Moralité de la chose qui n’est pas dite ni par le FLN actuel ni par notre distingué et fougueux Président: «un oiseau qui ne sait plus fabriquer son nid ni produire lui-même sa nourriture est appelé à mourir. Aucune chance de survivre».
C’est pourquoi Shell, l’une des cinq soeurs qui polluent et pillent l’humanité et le monde et que Boumediène avait chassée d’Algérie, revient en force chez nous à coup de grosses pub. Pour les five sisters, pour Cheney, pour Haliburton, pour les Bush père et fils, merci Chakib. Vous avez brillamment accompli votre mission. Boumediène se retourne dans sa tombe, le royaliste Zaki Yamani proteste, l’Algérie se prosterne et paie. Merci Chakib. Qu’en dit le Président ? Strictement et superbement rien.
Sommes-nous en train de mourir ou sommes-nous déjà morts, monsieur Chakib ? Silence sur la question parce qu’à part les bruits remarqués du Président, il y a un silence radio, même quand c’est l’Etat qui dénonce l’Etat. Kafka et Freud réunis en mangeraient leur langue. Bien entendu, aucun ministre ne se dit concerné, impliqué ou responsable de ces situations pour le moins criminelles et ubuesques. Car, tout ce beau et joli monde se dit intègre, propre et très compétent dans les départements et étages qui les concernent. Il me brûle la main de rappeler ce proverbe irlandais: «Si toutes les fiancées, dites-vous, sont belles et sérieuses, d’où viennent alors les vilaines et légères femmes ?».
Ce proverbe s’applique-t-il à certains de nos ministres que notre distingué et bien-aimé Président, en gladiateur solitaire, vient de rosser vertement et en public SVP ? Bravo, Monsieur le Président. Vous venez de dénoncer les ripoux de la République et c’est une première en Algérie.
On ne demandera pas ici qui a nommé ces ministres parce qu’à l’époque, il n’avait que les 3/4 de ses pouvoirs actuels. Et maintenant, la chanson dit: Que vais-je faire... que sera ma vie ? Normalement, ces ministres aimablement par vous écorchés, avant d’être entendus par un juge d’instruction, devraient faire l’objet routinier d’un ISTN. Parce mentir à la République est une acte grave et répréhensible, un délit que la Constitution a prévu: forfaiture et/ou haute trahison, dont on connaît la sanction.
Mais dans cette histoire amusante de dénonciation qui ne finit par de finir, les plus heureux seront les ministres, DG, PDG, servants et servis de haut rang, renvoyés, qui iront tout droit au bonheur d’aller manger tranquillement à Paris, Nice, Londres ou ailleurs les fruits de la prébende et de la chippa, sans crainte aucune. HEU - REUX comme des glaçons dans l’eau.
En Algérie démocratique et populaire, la sanction positive, c’est-à-dire la récompense du travail bien fait, fonctionne souvent sur un registre irrationnel souvent entaché de subjectivité et d’injustices diverses très mal vécues. Très souvent, des cadres de haut niveau, compétents et intègres, sont bloqués et confinés dans leur seuil d’incompétence, dans la redondance, sans aucune perspective de sortie, d’avancement ou d’épanouissement. Quand l’incompétence encadre et dirige les compétences, cela provoque des conflits psychologiques irréversibles qui conduisent généralement à la rupture de confiance et au départ. Ceci explique largement le départ massif et l’exil des cadres les plus compétents d’Algérie, à la grande satisfaction, entre autres, des Français et des Canadiens. Là aussi, la loi de Peter s’applique car dans la contrefaçon généralisée, la mauvaise monnaie chasse toujours la bonne. Dans la gestion des RH, cette loi s’applique avec les mêmes conséquences: la fuite irréversible des cerveaux que déplore et dénonce aujourd’hui le Président de la République. C’est sans doute ce qui a inspiré ce commentaire si peu aimable du Président de la République envers tous les cadres algériens qui n’ont pas l’envie ou l’occasion de s’exiler: tout juste moyens, dira-t-il à l’adresse de ces survivants de la médiocrité. Et que dire et penser alors de ces cadres supérieurs, dont des ministres (algériens ?) qui sont revenus aux affaires en Algérie après la décennie rouge. Leurs confrères indigènes en poste, des ministres parfois, les traitent de coopérants. Qu’en pense et que dit le Président, lui qui sait et comprend tout ? Rien. Et la petite conclusion dans tout cela ? Aujourd’hui, il est de très bon ton de dire, comme dans les salons de Mme de Pompadour ou de Mme de Sévigny, pas chez la belle Kheïra de Marseille, que l’Algérie est aujourd’hui riche de 70 milliards de dollars. En achetant et en payant, elle peut régler tous ses problèmes, y compris la neutralisation payée des égorgeurs. Question que pose Kheïra de Mostaganem: Qu’a fait l’Etat algérien avec mille milliards de 45 ans de recettes pétrolières ? Où ont fini ces milliards et qu’ont-ils fait de l’Algérie actuelle ? Réponse de Kheïra de Mostaganem et de Marseille: ces mille milliards encaissés par l’Algérie ont fini:
1- Dans les égouts et fosses septiques d’Algérie,
2- Dans les comptes codés suisses,
3- Dans les butins de guerre des repreneurs privés algériens, généralement des prudes et pudiques ripoux algériens nés de la chippa,
4- Dans la ferraille.
En conclusion de quoi, on peut tranquillement rejoindre le Président pour affirmer que l’Algérie actuelle est le produit différé et cumulé des cornichons successifs des partis politiques qui ont géré ce pays. Le Président l’a dit, mais sans réparation immédiate. Affaire à suivre.
‘’J’ai écrit en tant qu’être humain, enfant de la glèbe et de la solitude, hagard et démuni, qui ne sait pas ce qu’est la Vérité, dans quel pays elle habite, qui la détient et qui la distribue. Je la cherche et, à vrai dire, je ne cherche rien, je n’ai pas les moyens, je raconte des histoires, de simples histoires de braves gens que l’infortune a mis face à des malandrins à sept mains qui se prennent pour le nombril du monde, à la manière de ceux-là, perchés au-dessus de nos têtes, souriant grassement, qui se sont emparé de nos vies et de nos biens et qui supplément exigent notre amour et notre reconnaissance. J’aimerais leur dire que la dictature policière, bureaucratique et bigote qu’ils soutiennent de leurs actes ne me gêne pas tant que le blocus de la pensée. Etre en prison, d’accord, mais la tête libre de vagabonder, c’est ça que j’écris dans mes livres, ça n’a rien de choquant ou de subversif.’’
Ce que Boualem Sansal écrit dans son dernier livret (Poste restant : Alger, lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes’’ au édition Gallimard, paru le 16 mars 2006) adressé aux algérien(ne)s, c’est une réflexion qui touche à tous les maux de l’Algérie, c’est une forme d’invitation à tout Algérien et Algérienne de revoir leur vision sur leur Histoire, leur identité, leur langue et leur religion. L’auteur nous propose une vision plus humaniste et plus moderne.
L’auteur défend bien ses idées, mais il répond également aux critiques qui lui ont été adressées par les intellectuels algériens, comme il est nostalgique de la période coloniale. Sur ce point exactement et à l’occasion de la loi qui glorifie l’apport positif de la colonisation votée en Févier 2005, l’auteur écrit que la loi ne fait pas l’Histoire mais elle l’assujettit. Il écrit ‘’ l’Algérie n’eut guère de chance, des invasions, elle en a connu depuis la carthaginoise et chacune a laissé sa marque ( …). On devrait un jour parler de ce que nous avions pris à ceux qui sont passés chez nous et dont la somme nous dit assez bien : le hammam des Romains, la cuisine des Turcs, la musique andalouse des juifs et leur art du négoce, l’islam et l’art équestre des Arabes, la gouaille des pieds- noirs, le goût des lettres des Français, et de ce que nous leur avons donné : ce goût de paradis qui fait qu’ils ne voulaient plus repartir’’.
Ce livret n’a pas encore mis en critique par nos compatriotes, ni par les intellectuels français. Comme d’habitude, on se demande souvent pourquoi écrire quand on n’est pas lu ? Souvent les écrits qui apportent des idées nouvelles, une vision plus lucide et plus lumineuse comme celle de Boualem Sansal, Rachid Boudjadera, Salim Bachi et d’autres ne trouvent plus d’écho au sein de notre communauté. Est-ce que l’Algérie est condamnée à vivre dans l’obscurité et l’anarchie ?
Ce grand pays riche par ses ressources humaines et naturelles n’arrive pas à trouver son vrai chemin et sa place parmi les grandes nations, par cécité politique ou bien par les choix politiques.
Pour que notre pays trouve son chemin vers la liberté et le respect des droits humains les plus élémentaires, et son épanouissement tant attendu pour exploiter sa richesse identitaire, linguistique et religieuse pour rejoindre le monde qui avance. Pour cela, doit-on être armé de vigilance ? Car, la vigilance est le premier devoir de la vie et nous en avons abondamment manqué, écrivait Boualem Sansal.
Le 28/03/06.
Poste restante : Alger lettre de colère et d’espoir à mes compatriotes, édition Gallimard, mars 2006.
(5,5EUR)