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Pseudo: Haddar yazidCatégorie: UniversitésDescription:
C'est le prolongement de mes refléxions publiées dans la presse algérienne (el watan, quotidien d'oran....).A vous de réagir!
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Dimanche 08 Juillet 2007

 

 

L’humanité souffre actuellement d’intolérance. Chaque civilisation pense qu’elle est mal comprise par l’autre. Comment les civilisations peuvent-elles dialoguer ?

 

Même si chaque civilisation essaie de montrer à l’autre son ouverture et sa bonne volonté pour se comprendre, il y a toujours un sentiment de supériorité de l’une envers l’autre, de part le passé colonial. Et la relation peut exploser à un moment ou un autre.

 

Prenons le cas des musulmans (de culture moyenne, voire même des théologiens !). Ils pensent que la civilisation occidentale veut les conquérir culturellement et les convertir par la suite à leur religion (judaïque ou chrétienne). Cette idée est omniprésente dans le quotidien des musulmans. Elle est véhiculée par certains imams et en particulier par les radicaux. En outre, les images des chaines de télévision du moyen orient[1], avec en tête El Djazira, renforcent ces idées et contribuent au dialogue de sourds.

 

Que peuvent faire les musulmans pour « combattre ce spectre envahissant » ? Dans un article sur l’image des musulmans dans les médias occidentaux [2]», un membre du Haut Conseil Islamique a exposé les raison pour lesquelles l’image des musulmans est ternie aux yeux des occidentaux. Ce qui m’intéresse dans cet article, c’est la façon dont l’auteur analyse ce phénomène. Comme d’habitude, lorsque certains théologiens musulmans analysent la pensée occidentale, ils le font de manière superficielle. Je me demande s’ils ont étudié la pensée occidentale d’une manière approfondie ! Ils confondent religion chrétienne ou juive et les valeurs modernes.

 

Selon l’auteur de cet article, l’existence de la civilisation a trois dimensions : Dieu, Homme, Terre :

 

·         Dieu : selon la législation divine ;

 

·         Homme : sa croyance et ses actes au sein de la civilisation ;

 

·         Terre : tout ce que Dieu a créé au profit de l’Homme.

 

 

Dans le même ordre d’idées, l’auteur affirme que l’Occident ne s’intéresse guère à la première dimension : Dieu. Dans un esprit de généralisation (pour ne pas dire totalitaire), l’auteur nous laisse croire qu’il ne fait pas de distinction entre un croyant et des non-croyants ! Pourtant, la pensée contemporaine est le fruit de l’esprit rationnel. Elle est devenue scientifique : « les savants décrivent le monde tel qu’il est et non tel qu’il devrait être », écrit Luc Ferry dans son ouvrage L’homme-Dieu. Ce qui m’amène à penser que les valeurs fondamentales des Modernes sont pensées à partir de l’homme et non déduites d’une révélation divine. Le recours à la religion est un support mais pas une seule source de déduction. Toujours selon Luc Ferry (p.43-44) : « Il faut  écarter le malentendu selon lequel la modernité, réduite à une « métaphysique de la subjectivité », résiderait dans l’équation : toute puissance de l’égo = individualisme narcissique = fin de la spiritualité et la transcendance au profit de l’immersion totale dans un monde de la technique, anthropocentriste et matérialiste. Il se pourrait bien, au rebours exact de ces poncifs ordinaires des idéologies antimodernes, que l’humanisme, loin d’abolir la spiritualité, fût-ce au profit de l’éthique, nous donne au contraire accès, pour la première fois dans l’histoire, à une spiritualité authentique, débarrassée de ses oripeaux théologiques, enracinée dans l’homme et non dans une représentation dogmatique de la divinité. »

 

Les idées modernes émanent de l’homme. De ce fait, nous pouvons discuter de ce que nous pensons et non ce que nous devrions penser, surtout dans le cadre du dialogue avec l’autre qui n’a pas les mêmes mécanismes de pensée et qui a un schéma cognitif différent du notre. Les réactions disproportionnées de certains musulmans renforcent l’image véhiculée par les médias. Cette image est souvent associée aux résidus de l’inconscient collectif dominé par l’image coloniale, Il réside dans l’inconscient collectif que les musulmans sont violents, incultes et non encore prêts à la pensée moderne. Autrement dit, chaque civilisation veut dominer l’autre et dans ce rapport de force, les conflits persistent.   

 

 

Le dialogue :

 

 

Litige entre « je » et « tu » et « nous » et « vous ».

 

Certains pensent que leur ‘’je’’ est plus raisonnable, rationnel, etc. Alors, ils disent : « Je possède toute la vérité et je suis le seul à la posséder ».Cependant, la tolérance est liée à la vérité, et la vérité au niveau de l’homme est relative. Chacun possède une part de cette vérité, et celle-ci est non seulement affaire de savoir mais aussi, et davantage, affaire de dispositions morales. Il faut donc sortir de ce cercle infernal et égoïste, et passer à la tolérance active. Celle-ci induit qu’il faut en soi-même développer son propre enracinement culturel, religieux, moral, pour être à-même de dialoguer avec ceux qui sont enracinés ailleurs. Il est nécessaire d’avoir assez d’ouverture pour apprécier les différences des autres dans une recherche commune de la Vérité. Le dialogue entre les religions peut être un point de départ pour chacun dans la découverte de l’autre. Alors, quels sont les points qui peuvent engendrer le climat de la tolérance ? Benoît Joseph Boyer[3]nous les rapporte tels que les livrait Amadou Hampâté Bâ[4], qui a consacré tout sa vie au dialogue entre l’Islam et le Christianisme :

 

 

·         Ne pas épouser les querelles du passé ;

 

·         Chercher l’unité interne au sein des différentes confessions ;

 

·         Trouver des hommes de bonne volonté pour le dialogue ;

 

·         Rechercher des points d’accord.

 

 

C’est le respect de toutes ces consignes qui garantira un climat de tolérance. Il est grandement souhaitable que la mondialisation fasse éclore la tolérance, en brassant les peuples et leur culture respective.

 

 

Pourquoi la tolérance à l’école ?

 

 

La tolérance est parmi les préoccupations modernes. Elle est parfois nécessaire à l’intégration des valeurs universelles. Elle est aussi un élément primordial dans les rapports humains au sein des sociétés multinationales. Pour que les confrontations entre les ethnies soient évitées, il faut un climat d’entente tempéré par la tolérance.

 

L’enseignement de la tolérance à l’école est devenu primordial, en vue du respect et de l’estime de l’autre. Je suis convaincu que le rôle de l’école ne peut se borner à enseigner la lecture, l’écriture et les mathématiques. L’humanité est en évolution rapide sur le plan technologique, ce qui crée une perturbation au niveau de l’homme, c’est-à-dire qu’il y a un décalage entre l’âme et le corps en général. L’homme tend à devenir une sorte d’automate ; il développe des valeurs matérialistes au détriment des valeurs humaines !

 

Comment rattraper ce déphasage et donner un remède efficace et rapide, pour éviter une crise très grave qui menace l’existence de l’homme lui-même ? Comme je l’ai souligné plus haut, l’école doit plus que jamais assurer une instruction intellectuelle et technique à la fois, en assurant l’intégration de l’élève dans sa société et dans l’universel.

 

 

L’école n’est d’ailleurs pas seulement un espace d’enseignement théorique mais un lieu de socialisation pour s’ouvrir les uns aux autres et sortir du cocon familial. Cet enseignement amènera forcément à des comportements tolérants.

 

 

Il suffit donc d’une volonté et d’un esprit rationnel. Pour ce faire, l’Algérie a besoin de la tolérance pour sortir de la culture belliqueuse. Elle retrouvera ainsi la paix et son authenticité. « Ses enfants (pourront) marcher vers le changement et les temps nouveaux sans mutiler l’Islam, sans renoncer à la liberté, sans renier leur propre civilisation ! » Ferhat Abbas[5] .

 

 

 

Haddar Yazid

 



[1] Il n’y a pas d’étude sur l’image des occidentaux dans les médias musulmans. Les résultats de cette étude pourraient peut-être être intéressants.

 

[2] Cf. revue publiée par HCI N°01.

 

[3] Prêtre des missionnaires d’Afrique. (cf. Islamo-Christiana n°19).

 

[4] Amadou Hampâté Bâ (1909-1991), peul malien, disciple de la saga de Bandiagara Tierno Bokar, témoin du dialogue islamo-chrétien en Afrique.

 

[5] Cf. : indépendance confisquée, édition Flammarion 1984, p25

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
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