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Pseudo: Haddar yazidCatégorie: UniversitésDescription:
C'est le prolongement de mes refléxions publiées dans la presse algérienne (el watan, quotidien d'oran....).A vous de réagir!
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Jeudi 06 Mars 2008

« Pas de contrainte en religion »

Coran (II, 256).

A-t-on le droit d’adhérer à une  religion différente de nos parents ? Oui. Peut-on imposer à une personne de se convertir à une religion ? Non. Doit-on laisser les autres religions exercer leur culte ? Oui. Les autres religions font-elles partie de notre patrimoine identitaire ? Oui. Il y a tant d’autres questions que les Algériens doivent en poser car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. L’ordonnance n° 06-08 du 28 février 2006 adoptée le 20 mars 2006 qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, est une loi injuste et ne trouve guère sa place dans le monde civilisé[1]. Je me suis déjà exprimé à propos de cette loi que je trouve rétrograde et qui ne correspond pas à l’image d’un pays en pleine effervescence économique. En outre, cette loi ne respecte pas les normes d’une république moderne. J’espérais que notre Etat parvienne à protéger la liberté des consciences au lieu de les limiter à une seule conscience. N’est-ce pas là un retour à l’esprit totalitaire ? Les gouverneurs doivent intégrer dans leur pensée que nous sommes dans une république et non pas un royaume, que nous sommes des citoyens et non pas des sujets ! La citoyenneté est basée sur le respect des droits et devoirs de chacun. Cependant, la religion se situe au niveau individuel : c’est à l’individu de choisir une liberté, une conscience qui lui correspond. Et l’Etat doit être le garant de cette diversité[2] (article 36 : « La liberté de conscience et la liberté d'opinion sont inviolables »). Le mouvement national émane du modèle républicain français et est nourri par ses valeurs comme la laïcité, un Etat de droit, la justice sociale, etc. (le fondateur du PPA, père du mouvement national, était influencé par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne « 1923-1938 »). Cependant, la pratique démocratique est difficilement compatible avec la problématique de l’identité (religieuse) se définissant par les frontières qui séparent de l’Autre[3].

 

 

La campagne médiatique menée par la presse écrite, en particulier par un quotidien très connu pour ses penchants islamistes en considérant toute question comme une agression et toute réponse comme une riposte, me semble exagérée et infondée. S’attaquer à une minorité qui ne représente même pas 1% de la population algérienne, ne constitue qu’une provocation gratuite. Cette minorité représente-t-elle un danger pour le pays ? Porte-t-elle un message de haine et d’intolérance ? Ce qui me gène dans cette question, c’est l’infantilisation du peuple Algérien : on choisit à sa place. Depuis un siècle et demi, les Algériens étaient sous la domination coloniale française. Ils n’avaient guère songé à renoncer à leur religion (même les harkis sont restés fidèles à leur religion qui fait partie de leur identité). Cela dit, ceux qui ont opté pour d’autres formes de croyance et d’incroyance, aiment leur pays comme tout le monde. Ils sont fiers d’appartenir à la nation algérienne et sont parfois plus chauvins que ceux  qui se réclament les gardiens du temple « de l’identité nationale ». Cette campagne médiatique est menée à la manière d’El-Djazira : chaque jour, nous avons droit à un article sur la communauté chrétienne algérienne vivant en Algérie ou ailleurs. Ce n’est qu’une alimentation de l’idéologie et de la pensée répandue, adoptée par ceux qui croient aux chocs des civilisations ! Tant mieux s’il existe dans ce pays des personnes qui pensent et croient différemment, car si tout le monde pense de la même façon, personne ne pense, comme dit le philosophe. Nous sommes très loin du cas des pays d’orient où chaque religion est importante.

 

 

La présence chrétienne en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, elle fait partie de l’histoire de notre nation. Des noms célèbres de l’Eglise ont marqué l’histoire de cette dernière. Doit-on nier cette partie de nous ? Doit-on l’extirper de nos manuels scolaires, de nos têtes pour satisfaire une minorité qui ne parvient pas à regarder et à assumer toutes les racines historiques de cette partie du monde. Pendant la Guerre de Libération, combien de prêtres ont-ils pris position pour l’indépendance de notre pays ? A-t-on oublié le combat mené par le « Témoignage Chrétien » contre la torture en Algérie ? Chrétiens et Communistes du monde ont participé de près ou de loin à l’indépendance de notre pays. On se souvient du Cardinal Duval, le Père Clavier, le Père Scotto, des sept moines sauvagement assassinés et tant d’autres qui ont donné leur vie pour nous et notre pays. Ils aiment notre pays, ils ont épousé nos traditions, notre langue. Ils étaient là (ils sont toujours) avec nous pendant la décennie noire, en assurant les bibliothèques, des espaces de culture, alors que les autochtones quittaient le pays.

 

 

Ce n’est pas le Père Pierre Wallez qui célèbre une messe pour une fête de Noël pour les chrétiens émigrants, ni le centre social où travaille le père Jan Heuft (qui a consacré sa vie aux  sourds et muets algériens) qui vont déstabiliser le pays. Imaginons qu’une communauté musulmane, vivant clandestinement dans un pays européen, célèbre la prière de l’Aïd et que les autorités de ce pays emprisonnent l’Imam pour prosélytisme ! Quelle serait la réaction des musulmans du monde ? On parle beaucoup de la tolérance et on crie à l’injustice lorsque les autres touchent à nos libertés, mais qu’en est-il de nous ? La liberté du culte chez nous régresse et cette intolérance pousse des Algériens à l’exil. Il serait préférable de canaliser l’énergie gaspillée pour semer la peur de l’autre, afin de construire un état de droit et développer la modernisation de notre société. Comme l’a écrit Lahouari  Addi, « le plus urgent n’est pas de définir aujourd’hui les fondements culturels de la nation; il est plutôt de la doter d’institutions représentatives des individus et des groupes sociaux qui la constituent sociologiquement et qui eux-mêmes construiront à travers le temps les fondements culturels. La culture n’est pas seulement une mémoire collective, elle est surtout une pratique vivante en perpétuel devenir ».

 



[1] Cf. Q.O du 28.06.07

[2] Dans le préambule de la constitution algérienne, on trouve que la Constitution est au-dessus de tout, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège la règle du libre choix du peuple et confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs.

[3] Cf. Q.O. 26-27/02/08  réflexion du sociologue Lahouari  Addi   

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
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Commentaires

                                                                  bravo monsieur yazid    pour votre  :votre article      mais faut il encore que vous soyez  c ompris   !       helas  j en   doute!      ici  en    algerie   il faut eviter d etre different sinon gare a vous   vous savez il faudrait des siecles pour    reussir      a changer l algerien        le jour ou leur identite premiere ne sera plus un tabou ce jour la ils accepterons  une autre religion     lpour cela il faudrait changer les mentalites  a commencer par nos enfants     leurs educations dependras de nous  et cest    seulement    comme  ca que l   on pourrais     un j our  aspirer      a un    avenir meilleur      avec             une pluralite religieuse  et linguistique       bravo pour votre blog   il est super                                                                                                                              
Commentaire n° 1 posté par: zouzou le 10/03/2008 - 22:23:11

Bonjour ,


 Je suis d 'accord avec vous quand vous parlez de la liberté de culte , de conscience et d 'expression .il n y a pas de contrainte en la religion. chacun a le droit de choisir sa religion ou d etre athée , animiste... pour faire evoluer les mentalité en algerie , on doit mettre le paquet sur l 'education . quand vous avez 50 pourcent de la population analphabete ,il ne faut pas croire au miracle de devancer les etats unis.la liberté de culte que vous presentez comme panacée au malaise social qui tarabuste la societé algerienne est un cautère sur une jambe de bois. qu on soit musulman , evangiliste ,catholique , temoin de jehovah cela ne revolutionnera pas l algerie. reglementer l 'exercice des cultes religieux en algerie mettra un terme a l anarchie religieuse.interdire les precheurs de haine et de peur dans les mosquée est un acte salutaire . Interdire aussi les pratiques des evangislistes promettant aux convertis des visas ou autres monts et merveilles est un acte meritant.derriere la montagne l herbe est verte .


merci .

Commentaire n° 2 posté par: Krimo le 26/03/2008 - 18:33:07
salut ,
je me suis permis de lire l`article parut dans votre blog referent a l`ordonnance n° 06-03 du 28 février 2006 fixant les conditions et regles d`exercice des cultes autres que musulman (la loi en question ). vous souligner dans votre article en classifiant cette loi comme retrograde et qui ne correspond en aucun cas a l`image d`un pays en plein "boom" economique, ormis le chapitre III qui met en evidence les dispositions penales, je ne vois aucune mention faisant objet de critique, en sachant que l`algerie n`est pas un pays laic (terme qui reste a redefinir) contrairement a la france qui , sous pretexte de laicite , interdit aux confessions de faire valoir leurs appartenance religieuse ce qui est a mon avie une entrave a liberte religieuse. Si vous faites reference au chapitre III et tout particulierement a l`article 11 alenea 1, faisant allusion a l`incitation et a la seduction tendant a convertir les musulmans a une religion autres que l`islam, cette article est regit par l`article 2 de notre constitution qui stipule que l`islam est la religion de l`etat, et que l`article en question n`est qu`une continuation d`une constitution approuvee et votee democratiquement par toute un peuple.
Je considere que cette loi n`est en aucun cas une aberation, ou une recession , je la considere comme une loi garantissante la liberte de culte de toute les confession beneficiant de la protection de l`etat.
Je me permet de rajouter que le changement doit s`opperer au sein meme de notre population , en leurs inculquant la tolerence de notre religion envers les autres que ce soit juive ou chretienne, en commencant par revoir les livres d`histoire tronques dans nos ecoles....sur ce je vous remerci
Commentaire n° 3 posté par: hakim(site web) le 26/03/2008 - 18:34:29

Avec des mensonges pareil vous compté représenté une “religion divine”??? l’histoire témoigne contre vous , ce que vous faite aux irakiens et au palestiniens via les sionistes pour provoquer soit disant la venue du Messé et tous les malheurs que vous semez sur cette terre ne vous donne aucun droit de parler de droit, de liberté et d’amour.

Commentaire n° 4 posté par: un kabyle le 31/03/2008 - 22:19:54

Cet excellent article est vraiment salutaire, tant il a eu l’effet d’un beaume inespéré pour nos coeurs meurtris de tous ce que nous assistons le sommum atteint par l’inacceptable injustice que subissent les paisibles chrétiens de mon pays chaque jour que grand Dieu fait depuis le déclenchament de cette honteuse (pour l’Algérie) campagne hystérique. Je tiens à rendre donc un hommage sollenel à Mr. Yazid Haddar, l’Histoire contemporaine du christianisme en Algérie retiendra son nom je suis convaincu. Je dédie cet article à tous les humbles chrétiens de mon pays, à leur tete Monseigneur Henri Teissier, le père Pierre Wallez (et le médecin algérien qui l’accompagnait) et les frères de l’Eglise catholique d’Algérie, ainsi qu’au Pasteur Hugh Jonhson, Puisse Dieu lui réouvrir grandes les portes de notre pays, de son pays, ayant vécu ici penadant plus de 45 ans !!!
Merci et Honneur à vous Mr. Yazid Haddar et au journal El Watan, pour avoir été solidaires avec nous en ces douleureux moments (pour la communauté chrétienne d’Algérie, toutes obédiences confondues).


Dahmane de Pise, Italie.

Commentaire n° 5 posté par: Dahmane le 31/03/2008 - 22:21:38

Mon cher “Kabyle”,


Je crois que vous mélangez un peu tout, les chrétiens qui sont en Algérie ne sont pas ceux qui martyrise les musulmans dans le monde. Il ne faut pas confondre “foi” et “politique”. Si nous faisions un panorama des méfaits de chacune des religions au travers de l’histoire nous serions certainement étonnés par le résultat. En effet la religion à justifier un tas de démarches durant l’histoire de l’humanité mais nous parlons de FOI. Ce qui fonde une religion ce sont ses écrits et les écrits biblique ne poussent pas à la haine. Lisez la Bible et vous vous en rendrez compte.


Mehdi.

Commentaire n° 6 posté par: Mehdi le 31/03/2008 - 22:22:43

L’Evangile: Nous avons donné [à Jésus] l’Evangile qui contient la lumière et la direction … ceux qui s’en tiennent à l’Evangile jugent d’après son contenu. Ceux qui ne jugeront pas d’après un livre de Dieu sont impies. Coran 5.46,47


le Coran dit explicitement que l’évangile contient la LUMIERE.


Les hommes sans orgueil: Ceux qui sont les plus disposés à aimer [les musulmans] sont les hommes qui se disent chrétiens; c’est parce qu’ils ont des prêtres et des moines, hommes exempts de tout orgueil. Coran 5.82


Le Coran dit explicitement que les plus disposés a aimer le musulmans, sont ceux qui se disent CHRETIENS.


Sans commentaire, fihel Awal.

Commentaire n° 7 posté par: Awal le 31/03/2008 - 22:23:54
tu as reduit le debat à un question religieuse, maleureusement, la liberté de culte ne resout pas à elle seule les problemes dans lexquels pataugent l algèrie.et si l 'algerie s'est trouvé dans cette situation à subir les affres des fous de dieu c'est parceque on a pas verouillé l 'espace de communication et de pratique religieuse aux islamistes et cela au nom de cette libèrté de culte et de preche.
Commentaire n° 8 posté par: krimo le 04/04/2008 - 10:53:45
Cela serait le premier pas historique vers le respect de l´esprit.



Commentaire n° 9 posté par: youcef le 10/04/2008 - 08:11:33
Que dire de plus...sinon rajouter ce fameux proverbe "Nos esprits sont comme le vin: enfermés trop longtemps, ils deviennent vinaigre
Commentaire n° 10 posté par: Karja le 10/04/2008 - 08:12:19
éssélém a3likoum,

en lisant le sujet il m'apparait que au font nous sommes plutôt ouvert d'esprit en vers les autres finalement,

maintenant une question me viens qu'en est il des autres en vers nous doit on trimbaler cette étiquette de terroriste indéfiniment

un sujet vient d'être ouvert par bouzid sur collo21 concernant un enfant juger seulement pour son prénom ,

Commentaire n° 11 posté par: boucheffa le 10/04/2008 - 08:13:09
je suis musilman de rit ibadit(mozabite) .je salue en vous le sens de militantisme pour defendre le droit de liberte de cult chez nous .vous avez lu ces derniers jours dans la presse algerienne les evenements sanglants de BERRIANE du a l’intolerence envers la communautee mozabite a cause de son apartenanse relugieuse ; pour la liberte de cult je suis dans votre camp bon courage.
Commentaire n° 12 posté par: moha le 14/04/2008 - 09:29:20

Cet article m'a plu parce que pour une des rares fois, un journaliste
algérien clamait  haut et fort ce que des centaines de milliers d'autres
algériens pensaient en leur for intérieur, sans oser le dire qu'est la
liberté du culte. Ces atteintes aux libertés fondamentales sans
lesquelles l'homme ne peut pas se construire, vous les avez dénoncées. Que ce soit ces valeurs de la liberté de penser, de croire ou de ne pas croire, ou bien celles que d'autres hommes  leur foi chrétienne, en quoi cela dérange, et qui ? Parce que vous avez défendu ces valeurs je me suis senti très proche de votre journal, ce jour là, un peu plus que les autres jours.

Sans vouloir vous rabâcher ce qui fait à la fois les yeux et la fierté
de la démocratie, vous  faites là un métier dur, qui ne plait pas à
tout le monde. Vous êtes courageux, et si on ne peut pas rester insensible au courage qui vous anime, on ne peut pas non plus condamner la presse lorsque, contrainte et forcée, elle est obligée de maintenir profil bas. Je me dis toujours que ce n'est pas la faute des journalistes mais de leurs persécuteurs, et ils sont nombreux. Rappelez vous de ce mot de je ne sais qui avait lancé un jour : Dites moi qui vous avez dans vos prisons et je vous dirai qui vous êtes !... Je voudrais encore vous exprimer ma profonde gratitude, les graines que vous semez aujourd'hui seront les moissons de demain, de cela j'en suis persuadé.

J"ai soixante dix ans, je vis en France depuis plus de trente ans, et
je suis les palpitations du coeur de ce pays pour lequel tant et tant de
gens anonymes et de gens plus connus ont tant donné. Personnellement
je ne voulais pas vivre dans une Oumma contraignante et violente pour
ceux qui ne croient pas comme les autres ou bien qui ne croient pas du
tout ; combien sont-ils ceux qui comme moi, ont quitté leur pays pour ne
pas avoir à simuler. C'est important d'être soi-même et de ne pas être
dans l'obligation de simuler.
Commentaire n° 13 posté par: bachir h le 16/04/2008 - 01:01:39
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