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Pseudo: Haddar yazidCatégorie: UniversitésDescription:
C'est le prolongement de mes refléxions publiées dans la presse algérienne (el watan, quotidien d'oran....).A vous de réagir!
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Lundi 25 Septembre 2006

Sommes-nous arrivés au stade voulu par les prêcheurs de chocs des civilisations ? Ou bien sommes-nous les derniers hommes à vivre notre propre déclin ? Nietzsche écrivait dans « Ainsi parlait Zarathoustra », qu’il est temps que l’homme se fixe un but. Il est temps que l’homme plante le germe de son espérance suprême. Son sol est encore assez riche pour cela. Mais ce sol, un jour, devenu pauvre et débile, ne pourra plus donner naissance à un grand arbre.

Tout au début, j’ai suivi les réactions des musulmans à propos du discours du Pape Benoît XVI sur la foi et la raison, j’ai eu un sentiment mitigé entre compréhension des un et des autres ; or, rien ne justifie la violence envers les chrétiens, bien au contraire, les réactions violentes appuient la vision des occidentaux sur les musulmans. D’un autre côté, je me suis dit que ce n’est pas le moment de se lancer dans tels discours sur les musulmans, qui sont montrés de doigt. Si les musulmans veulent leur salut, qu’ils le cherchent eux-mêmes. Car la raison elle-même nous dicte que le changement se fait intrinsèquement, car il s’agit d’une conviction. Dieu sait combien les convictions sont difficiles à évoluer. D’ailleurs Einstein disait qu’il est plus facile d’écraser un atome que de changer la mentalité d’un homme.  

 

J’ai peur que l’occident dérive vers un deuxième génocide contre l’humanité. Souvenons-nous de discours dominants à propos des juifs vers la fin du dix neuvième siècle, l’affaire Dreyfus en est un exemple. Les attaques contre les musulmans, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, peuvent prendre une nouvelle ampleur de violence gratuite, que l’occident et même l’orient ne pourra pas maîtriser. La montée d’un discours anti-musulman, soit disant au nom de la liberté, peut fermer les portes du dialogue que les hommes ont mis du temps à construire.

Cependant, quand j’ai lu le texte que le Pape Benoît XVI a prononcé à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre 2006, dans le quotidien ‘’la croix’’ (daté du 18/09/06). J’ai eu une autre vision du discours. Tout d’abord, les propos que les musulmans justifient offensants, je trouve qu’ils ne méritent pas de telles réactions. Car dans le texte, le Pape avait pris un exemple pour clarifier la relation entre la raison et la foi, ce n’est pas pour faire une apologie ni sur le Djihad, ni sur l’islam. Au contraire, c’est une invitation adressée aux scientifiques de changer leur regard sur la foi. Les lecteurs de ce discours vont découvrir que la citation n’était qu’une introduction au sujet qu’est le regard de l’homme de la science sur la foi via la raison. Comme Il est le représentant de l’Eglise Catholique, Il se réfère souvent au personnage central du christianisme, qu’est le Christ, ce qui est tout à fait légitime. Dans le même ordre d’idées, les propos sur le prophète Mohammed (montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foi qu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive), sont à moitié vrai historiquement. Un anthropologue algérien Benone. M, mort aux Etats Unis, a écrit que l’Islam est la même chose que le judaïsme (la bible). Historiquement parlant, la propagation de l’Islam s’est faite par la guerre, dite guerre sainte. Les musulmans doivent aussi faire un travail de mémoire sur leur histoire. Certes, comme l’a bien écrit Hicheme Lehmici, dans le quotidien d’Oran (du 14/09/06), l’Eglise n’a jamais demandé pardon aux musulmans pour ses crimes atroces. Mais un peu d’honnêteté, les musulmans ont-ils demandé pardon pour leur crime commis sur d’autres peuples (la liste est longue) ? Les musulmans, à mon avis, se doivent aussi de porter un jugement critique sur leur foi.

Il ne doivent pas être suspicieux de tout ce que disent les occidentaux.

Les réactions parfois disproportionnées ne règlent rien ; ils doivent réfléchir à leur image, en tant que représentants d’une religion, mais aussi en tant que citoyens.

 

Nietzsche, encore une fois, écrit dans « Ainsi parlait Zarathoustra », qu’il faut avoir encore du chaos en soi pour enfanter une étoile dansante. J’espère que ces évènements seront une opportunité pour les musulmans de relever un défi et de remettre les points à leur place. En se posant des questions sur leur foi et son rapport à la raison. Akram Belkaïd écrivait dans sa chronique du Bledard (du 21/09/06): « A ceux qui, répliquant à Benoît XVI, hurlant, à raison, les noms d’Al-Kindi, Iben Rochd (Averroès), Ibn Sina ou même Ibn Khaldoun, je dis « et aujourd’hui, que reste-t-il de leur œuvre ? ». Je trouve qu’il a tout à fait raison, le grand problème en ce moment dans le monde musulman, c’es l’enseignement des sciences humaines, la religion musulmane n’est pas encore mise à la critique ; et pourtant beaucoup d’islamologues le réclame, ce n’est pas pour le plaisir de critiquer mais pour tamiser le vrai du faux et de congédier les fausses traditions et de se conformer à la raison. Les universités des mondes musulmans forment de très bons médecins et ingénieurs, mais il lui manque de former de vrais anthropologues, des sociologues, des philosophes avec un vrai esprit critique constructif. Averroès n’est pas venu de rien ! Au contraire il a beaucoup appris de la philosophie grecque, pour former sa propre philosophie. La science est un héritage universel, il n’y a pas de honte à apprendre de la philosophie dite occidentale et de l’enseigner, pour former une nouvelle génération qui réfléchit et qui critique tout ce qui vient à l’esprit, car l’homme ne doit pas rester un Beni oui oui à vie.

 

 

 Y. Haddar

 

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