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Pseudo: Haddar yazidCatégorie: UniversitésDescription:
C'est le prolongement de mes refléxions publiées dans la presse algérienne (el watan, quotidien d'oran....).A vous de réagir!
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Vendredi 09 Mai 2008

« Mieux vaut allumer une lampe que de se plaindre de l’obscurité. »

 

Par Yazid Haddar

 

 


L

 

es syndicats autonomes viennent de donner un bel exemple d’espérance démocratique. Ils viennent de nous montrer que tout est possible en Algérie, qu’il reste une force vive, que la révolution n’est plus similaire à celle d’antan : ne pas faire couler du sang pour la liberté, mais épargner les familles qui sont de plus en plus désabusées et désorientées par le pouvoir politique. J’inscris ces mouvements de protestations dans un processus de maturité de notre peuple et de nos forces vives pour rappeler à nos gouverneurs que nous sommes toujours dans une république. Et que nous avons un droit fondamental, celui de réclamer nos droits.

 

Ce mouvement de protestations qui se répand aux quatre coins du pays montre que les algériens ne sont plus dupes de ces réalisations inachevées, de ces discours creux et de ce nationalisme vieillot. C’est tout la population qui se réveille pour exprimer son mécontentement face à la gestion du pays, la stagnation politique, la corruption, le refus de distribuer les richesses et la défaillance du système éducatif. Le chômage étouffe nos villages et nos villes. La jeunesse de notre pays est perçue par les décideurs comme une entrave alors qu’elle devrait être, comme ailleurs, signe de richesse et de bonne santé économique du pays. Le taux de suicide des jeunes est alarmant. Certains vont même jusqu’à se mutiler devant les mairies (APC) pour exprimer leur malaise. Il s’agit là d’appels de détresse et l’expression du désir de vivre comme tous les jeunes du monde. Ces revendications montrent que notre société en mutation revendique un changement réel nécessitant un changement des mentalités de ceux qui gèrent le pays. Ces derniers ne cessent de nous rabâcher les mêmes analyses, le même projet de société, les mêmes leçons de morale. En outre, certains politiques sont tellement imbus de leur personne qu’ils considèrent toute critique pour une insulte personnelle. Ces mêmes individus, lorsqu’ils occupent des postes clé au sein de l’Etat, se comportent comme des pachas « Ya si ! ». Certains de nos politiques ont toujours pensé le monde à partir de secteurs immuables : l’Etat, la famille, l’identité. Si l’on veut penser le monde moderne, il faut le faire en termes de flux : flux de marchandises, d’idées, lesquels ne font qu’accélérer le bouleversement des divers secteurs.

 

La gestion actuelle des médias lourds prouve l’usure et le conservatisme de la mentalité de certains de nos politiques. Depuis les derniers événements, aucune information n’a été diffusée par la télévision algérienne et les radios nationales alors que ce sujet a fait la une dans toute la presse privée. Désormais, dès qu’un événement secoue le pays, les algériens ont le réflex de se tourner vers les chaînes étrangères. Nous contribuons, par le paiement de l’impôt, au fonctionnement de la télévision nationale. Nous sommes ainsi en droit d’exiger des chaînes algériennes qu’elles nous informent régulièrement sur ce qui nous concerne. C’est un droit et non une faveur ! Chacun sait que les médias sont une source privilégiée d’informations, mais ils permettent également de refléter l’image de la société. Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous. Bien au contraire ! Au lieu d’être les garants de la confiance du peuple envers son gouvernement, les médias lourds sont des machines de propagande idéologique et politique. Cette lenteur abusive caractéristique de la gestion de l’information en Algérie pousse les gens à ne pas se reconnaître dans la télévision algérienne, ni de ce gouvernement actuel. Cette méfiance entre administrés et décideurs créée un abime entre eux. Ce fossé s’exprime d’une part, par le fait que les politiques s’éloignent des préoccupations quotidiennes du peuples en se lançant dans des projets irréalisables où la population est peu ou pas impliquée et d’autre part, par le fait que le peuple ne fait plus confiance en tout ce qui vient d’en-haut ! Il faut du temps, mais aussi des hommes et des femmes de bonne volonté pour rétablir un lien de confiance et de fidélité. Dans cette perspective, l’ouverture médiatique est urgente pour empêcher les détenteurs de l’information et les dogmatismes religieux de manipuler les esprits désorientés et nourrir de faux espoirs des gens désespérés. Il est de notre droit d’avoir des médias fidèles à l’image de notre réalité sociale, libres de critiquer nos institutions, nos gestionnaires et nos politiques dans le but d’améliorer, de renforcer et de stabiliser les institutions étatiques, tout en inculquant les valeurs démocratiques, républicaines et citoyennes.

 

Dans la conjoncture actuelle, nos intellectuels ne peuvent pas à s’imposer sur la scène médiatique. Certes, ceci est dû au verrouillage des médias lourds et à la politique de marginalisation. Mais si les intellectuels ne parviennent pas à s’imposer, c’est aussi parce qu’ils manquent d’organisation, de conviction, de perspective d’avenir, et parce qu’ils ne font pas confiance au peuple. C’est pourquoi, ils adoptent souvent un discours bien soigné afin ne pas heurter le pouvoir décisionnel. On se souvient de Kateb Yacine qui sillonnait les villages et les villes algériennes pour présenter des pièces théâtrales dans le but de bousculer les mentalités. Depuis, aucun intellectuel n’a eu l’audace ni la conviction d’aller à la rencontre du peuple pour débattre des problèmes algériens. Ce manque de débat sur les vrais problèmes représente effectivement un obstacle de communication entre nous. « Au fond, jamais nous n’avons eu l’occasion de nous parler, je veux dire entre nous, les Algériens, librement, sérieusement, avec méthode, sans a priori, face à face, autour d’une table, d’un verre. Nous avions tant à nous dire, sur notre pays, son histoire falsifiée, son présent émietté, ravagé, ses lendemains hypothéqués, sur nous-mêmes, pris dans les filets de dictature et du matraquage idéologique et religieux, désabusés jusqu’à l’écœurement, et sur nos enfants menacés en premier sous pareil régime », écrivait Boualem Sansal dans « Poste restante Alger ».

 

Est-il possible alors de parler d’union entre les algériens ? Est-il possible que tous les algériens se réunissent autour d’une table pour exposer, écouter, analyser leurs problèmes sans évoquer un passé et ses blessures qui nous enlisent davantage au lieu d’être facteur d’union et de réconciliation ?

L’histoire nous le dira… 


 

A lire :

Ø  « Après le colonialisme » d’Arjun Appadurai, philosophe indien, 2001 ;

Ø  « Poste restante Alger » de Boualem Sansal.

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
Mercredi 16 Avril 2008

 

Est-ce possible de parler d’union entre les algériens ? Est-il possible que tous les algériens se réunissent autour d’une table pour exposer, écouter, analyser leurs difficultés sans évoquer le passé et ses blessures. Ce passé nous enfonce davantage alors qu’il devrait nous rassembler et nous réconcilier. Le Président algérien a fait passer une loi sur la réconciliation nationale, qui amnistie davantage les égarés de la République. Cependant , cette loi exclue les autres enfants d’Algérie. Osons le dire : les enfants de Harkis sont algériens, les enfants des juifs algériens sont algériens, les enfants des Pieds-Noirs sont algériens. Tous sont porteurs d’une identité et d’une culture algérienne. Ces enfants ne doivent pas payer les choix et actions de leurs parents qui eux-mêmes étaient victimes des choix politiques. Cette identité ne doit pas disparaître ; elle ne fait pas seulement partie de la mémoire de notre pays, elle appartient également à la culture méditerranéenne. Il est inhumain d’assister à la disparition de la culture des juifs algériens, de la culture arabo-andalouse. Le plus important est de ne pas les conserver dans des musées. Notre objectif doit être de faire vivre ces cultures, témoignages de notre histoire, avec ses points positifs et négatifs. Pour que notre diversité culturelle reste vive, elle doit être exprimée au quotidien et si possible rester enracinée sur le sol algérien. Il est de notre devoir d’attirer l’attention de chacun sur ces identités en perdition. 

Ensemble, construisons l’« Algérie plurielle » !

 

  

 

 

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
Dimanche 16 Mars 2008

voici un article publier dans le quotidien d'oran un constat très amer et très réaliste, merci le quotidien d'oran....

par Ghania Oukazi

Le président de la République vient de confirmer implicitement deux choses importantes, son rejet de l'ouverture politique et de celui de l'alternance au pouvoir.

En accordant mercredi dernier une interview à l'agence Reuters, le président de la République n'a à aucun moment fait allusion à la nécessité d'une ouverture politique ou à une alternance au pouvoir, deux fondamentaux d'un Etat de droit et de démocratie. Bien au contraire, il a estimé que les appels des partis et des associations à un mandat présidentiel sont une preuve de « maturité politique ». S'il dit vouloir avant toute chose voir si les objectifs qu'il s'est fixés pendant le deuxième mandat ont été ou non réalisés, c'est qu'il tient à mettre en avant des subterfuges qui lui serviront à tenir en haleine tous ceux n'attendent que le moment où il se prononcera pour ou contre un troisième mandat présidentiel.

C'est que le Président a toujours voulu être le centre du monde dans un pays qui n'arrive pas à émerger de la masse de problèmes qui l'enfoncent de plus en plus dans les contradictions et les aberrations d'un système politique décadent. Simple subterfuge est cette idée de vouloir d'abord voir les résultats qu'il s'est assignés durant ce quinquennat, parce que le Président sait en évidence qu'un grand nombre de projets lancés ne pourront jamais être achevés en une année seulement de temps.

Jamais le pays n'a enregistré autant de scandales financiers, par corruption et détournements interposés, que ces dernières années. Il doit aussi savoir que la hausse des prix du pétrole et les devises que le pays a engrangées développent les appétits les plus féroces et empêcheront toujours de laisser aboutir des projets de toute nature qu'ils soient. Ceci, bien sûr, quand le contrôle et la régulation font terriblement défaut. Mais cela semble lui importer peu. Il n'en parle à aucun moment. Mieux, il laisse entendre que les résultats qu'il veut d'abord voir palpables le sont déjà puisqu'il est convaincu que les appels de ses courtisans sont une preuve de « maturité politique ». Bouteflika aime le pouvoir dans toute la profondeur du terme. Il ne suggère pas, même pour la forme, la nécessité d'une alternance au pouvoir. Il ne se dit ni lassé, ni fatigué, encore moins déçu et blasé par les hommes qu'il a placés à des postes importants mais dont la gestion a pratiquement verrouillé les ultimes brèches de sortie d'une crise que personne ne peut pourtant ignorer.

Par sa reconnaissance à « la maturité politique » ambiante, il rend ainsi hommage aux Bounedjmaa, Tayeb El-Houari, Belkhadem et autres visages que ses différentes cours ont mis en avant pour le prier de se porter une troisième fois candidat. Et la seule chose qui semble l'énerver dans tout ce gâchis est que l'on se permette des commentaires et des supputations « fantaisistes » sur son état de santé. Etat qui, faut-il le souligner, est l'objet de discussions parce qu'il s'agit de celui du chef de l'Etat, donc un personnage dont la santé physique et morale doit intéresser toute la Nation, quand bien même il ordonnerait de ne plus en parler. Le Président fera par ailleurs l'impasse sur le drame des harraga et des kamikazes.



COMPROMIS ET COMPROMISSIONS



Pourtant, le pays profond souffre de malvie et de hogra. Ses jeunes sont prêts à affronter tous les genres de périls, pour peu qu'ils assurent une vie décente à leurs familles. Bouteflika sait au moins qu'une grande majorité des sinistrés du séisme de Boumerdès n'ont pas été relogés à ce jour, alors qu'il s'était engagé à le faire en peu de temps. De nombreux chantiers de construction de logements sont à l'arrêt ou alors achevés et non distribués. Que Mascara et Aïn Defla ne produisent plus la pomme de terre comme il se doit. Que ses ministres sont cités dans des affaires scabreuses sans que la justice ne s'en offusque. Ce sont là des signes qui montrent que la haute administration n'est pas saine. Signes qui ne l'obligeront pas pourtant à recomposer les équipes gestionnaires pour en corriger les dysfonctionnements.

Bien qu'on dise de lui qu'il n'aime pas les « pleurnichards », Bouteflika aime être entouré de gens de cours diverses. Il aime tenir les gens à sa merci. Au risque de faire étouffer toute velléité de contre-pouvoirs. La vie politique du pays, s'il la trouve évoluée, c'est parce qu'elle ne compte parmi ses intervenants que ceux qui le créditent d'une bonne gestion ou l'appellent à une « ouhda thalitha ».

L'on se rappelle qu'à la nomination de Belaïd Abdeslam comme son envoyé spécial à l'étranger, des personnes se sont interrogées sur les raisons de ce choix alors que, candidat à la présidentielle de 1999, cet ex-chef du gouvernement lui avait lancé en direct du petit écran: « S'il est un homme, qu'il se retire ». Bouteflika aurait eu comme réponse à cette interrogation: « Ne me demandez pas pourquoi je l'ai choisi, demandez-lui plutôt pourquoi il a accepté ».

Autre indice d'embrouilles et de cafouillages dans le système politique, le rôle de l'armée dans la gestion des affaires de l'Etat. Il est reconnu à Bouteflika qu'il a été le seul président à avoir cassé des équilibres civils mais surtout militaires dont la solidité avait fait ses preuves en matière de prises de décisions importantes pour le pays. Il en a lui-même été sujet quand son retour au pouvoir avait exigé à la fois des compromis et des compromissions. Il semble en outre, selon des sources concordantes, que les engagements pris dans ce genre de situation n'ont pas été tout à fait honorés. L'on note, comme déjà signalé dans ces colonnes, que « ceux qui l'ont ramené aux commandes du pays n'ont jamais voulu qu'il y reste plus d'un mandat ».

A l'évocation de cet épisode de l'histoire nationale, l'on rappelle des anecdotes dont l'esprit pourrait quelque peu expliquer la personne du Président. « Parfois, il dit et fait des choses qui m'étonnent et m'inquiètent et qui me laissent avouer que je ne l'ai jamais connu alors que je pensais bien le connaître », avait affirmé avec amertume un haut responsable inscrit dans le cercle « des faiseurs de président ».

 

RECOMPOSITION DES POUVOIRS
ET REVISION CONSTITUTIONNELLE




Autre aveu d'un autre haut responsable: « J'ai été le voir pour lui dire qu'il doit écouter tout ce qui se passe autour de lui, qu'il y a de gros problèmes. Il m'a reçu devant la porte et m'a lancé: «Vous avez laissé gouverner ceux qui étaient avant moi sans vous inquiéter de quoi que ce soit. Et aujourd'hui, vous voulez me demander des comptes alors que je ne suis qu'au début d'un deuxième mandat ! ».

D'ailleurs, faut-il le noter, c'est quand il s'est assuré de son deuxième mandat que le chef de l'Etat a commencé sa purge des hautes sphères des pouvoirs. Sa mise à la retraite de plus d'une vingtaine de généraux des postes de commandements militaires centraux et régionaux n'avait rien d'un acte fortuit. Le départ de Mohamed Lamari de la tête de l'état-major militaire et la nomination de Larbi Belkheir en tant qu'ambassadeur au Maroc ne l'étaient pas non plus. L'on continue de dire que le Président a toujours eu à coeur de « réformer » les services que dirige Mohamed Médiène, alias Tewfik. Pour rappel, il a déjà remanié les services de sécurité au niveau du palais d'El-Mouradia. A la même période, il avait aussi mis à la retraite Senhadji, le patron des transmissions, décédé il y a quelques mois.

Si l'on peut penser que Bouteflika a les coudées franches pour opérer tout changement qu'il juge nécessaire au sein des pouvoirs, il doit naturellement faire face à des résistances que le système politique a toujours déployées pour se préserver. Il sait cependant pertinemment que l'armée ne pourrait se retirer du politique que si les fondements de ce système en question sont remodelés. Leur redéfinition ne peut se faire que sur la base d'une révision profonde et réfléchie de la Constitution. Le Président n'en fera même pas cas. Ce qui démontre encore une fois, comme cela a été déjà signalé dans ces colonnes, que le projet de révision de la loi suprême du pays est loin de faire l'unanimité dans les hautes sphères des pouvoirs. « C'est dangereux de toucher à la Constitution », nous avait dit l'année dernière un haut responsable à la Présidence de la République. « Ce n'est pas un jeu. Pensez-vous qu'il soit facile de laisser un président la changer juste pour qu'il s'éternise à la tête de l'Etat ? », souligne un autre.

Ceci étant, ayant été l'un des architectes du régime, Bouteflika sait, s'il le veut, saisir l'exacte opportunité pour arriver à ses fins. Même si pour cela, il devra recomposer les pouvoirs comme il a eu à le faire pour prendre sa revanche sur l'histoire, le pays et les hommes.



 
   

publié par Haddar yazid dans: psycho
Jeudi 06 Mars 2008

« Pas de contrainte en religion »

Coran (II, 256).

A-t-on le droit d’adhérer à une  religion différente de nos parents ? Oui. Peut-on imposer à une personne de se convertir à une religion ? Non. Doit-on laisser les autres religions exercer leur culte ? Oui. Les autres religions font-elles partie de notre patrimoine identitaire ? Oui. Il y a tant d’autres questions que les Algériens doivent en poser car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. L’ordonnance n° 06-08 du 28 février 2006 adoptée le 20 mars 2006 qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, est une loi injuste et ne trouve guère sa place dans le monde civilisé[1]. Je me suis déjà exprimé à propos de cette loi que je trouve rétrograde et qui ne correspond pas à l’image d’un pays en pleine effervescence économique. En outre, cette loi ne respecte pas les normes d’une république moderne. J’espérais que notre Etat parvienne à protéger la liberté des consciences au lieu de les limiter à une seule conscience. N’est-ce pas là un retour à l’esprit totalitaire ? Les gouverneurs doivent intégrer dans leur pensée que nous sommes dans une république et non pas un royaume, que nous sommes des citoyens et non pas des sujets ! La citoyenneté est basée sur le respect des droits et devoirs de chacun. Cependant, la religion se situe au niveau individuel : c’est à l’individu de choisir une liberté, une conscience qui lui correspond. Et l’Etat doit être le garant de cette diversité[2] (article 36 : « La liberté de conscience et la liberté d'opinion sont inviolables »). Le mouvement national émane du modèle républicain français et est nourri par ses valeurs comme la laïcité, un Etat de droit, la justice sociale, etc. (le fondateur du PPA, père du mouvement national, était influencé par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne « 1923-1938 »). Cependant, la pratique démocratique est difficilement compatible avec la problématique de l’identité (religieuse) se définissant par les frontières qui séparent de l’Autre[3].

 

 

La campagne médiatique menée par la presse écrite, en particulier par un quotidien très connu pour ses penchants islamistes en considérant toute question comme une agression et toute réponse comme une riposte, me semble exagérée et infondée. S’attaquer à une minorité qui ne représente même pas 1% de la population algérienne, ne constitue qu’une provocation gratuite. Cette minorité représente-t-elle un danger pour le pays ? Porte-t-elle un message de haine et d’intolérance ? Ce qui me gène dans cette question, c’est l’infantilisation du peuple Algérien : on choisit à sa place. Depuis un siècle et demi, les Algériens étaient sous la domination coloniale française. Ils n’avaient guère songé à renoncer à leur religion (même les harkis sont restés fidèles à leur religion qui fait partie de leur identité). Cela dit, ceux qui ont opté pour d’autres formes de croyance et d’incroyance, aiment leur pays comme tout le monde. Ils sont fiers d’appartenir à la nation algérienne et sont parfois plus chauvins que ceux  qui se réclament les gardiens du temple « de l’identité nationale ». Cette campagne médiatique est menée à la manière d’El-Djazira : chaque jour, nous avons droit à un article sur la communauté chrétienne algérienne vivant en Algérie ou ailleurs. Ce n’est qu’une alimentation de l’idéologie et de la pensée répandue, adoptée par ceux qui croient aux chocs des civilisations ! Tant mieux s’il existe dans ce pays des personnes qui pensent et croient différemment, car si tout le monde pense de la même façon, personne ne pense, comme dit le philosophe. Nous sommes très loin du cas des pays d’orient où chaque religion est importante.

 

 

La présence chrétienne en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, elle fait partie de l’histoire de notre nation. Des noms célèbres de l’Eglise ont marqué l’histoire de cette dernière. Doit-on nier cette partie de nous ? Doit-on l’extirper de nos manuels scolaires, de nos têtes pour satisfaire une minorité qui ne parvient pas à regarder et à assumer toutes les racines historiques de cette partie du monde. Pendant la Guerre de Libération, combien de prêtres ont-ils pris position pour l’indépendance de notre pays ? A-t-on oublié le combat mené par le « Témoignage Chrétien » contre la torture en Algérie ? Chrétiens et Communistes du monde ont participé de près ou de loin à l’indépendance de notre pays. On se souvient du Cardinal Duval, le Père Clavier, le Père Scotto, des sept moines sauvagement assassinés et tant d’autres qui ont donné leur vie pour nous et notre pays. Ils aiment notre pays, ils ont épousé nos traditions, notre langue. Ils étaient là (ils sont toujours) avec nous pendant la décennie noire, en assurant les bibliothèques, des espaces de culture, alors que les autochtones quittaient le pays.

 

 

Ce n’est pas le Père Pierre Wallez qui célèbre une messe pour une fête de Noël pour les chrétiens émigrants, ni le centre social où travaille le père Jan Heuft (qui a consacré sa vie aux  sourds et muets algériens) qui vont déstabiliser le pays. Imaginons qu’une communauté musulmane, vivant clandestinement dans un pays européen, célèbre la prière de l’Aïd et que les autorités de ce pays emprisonnent l’Imam pour prosélytisme ! Quelle serait la réaction des musulmans du monde ? On parle beaucoup de la tolérance et on crie à l’injustice lorsque les autres touchent à nos libertés, mais qu’en est-il de nous ? La liberté du culte chez nous régresse et cette intolérance pousse des Algériens à l’exil. Il serait préférable de canaliser l’énergie gaspillée pour semer la peur de l’autre, afin de construire un état de droit et développer la modernisation de notre société. Comme l’a écrit Lahouari  Addi, « le plus urgent n’est pas de définir aujourd’hui les fondements culturels de la nation; il est plutôt de la doter d’institutions représentatives des individus et des groupes sociaux qui la constituent sociologiquement et qui eux-mêmes construiront à travers le temps les fondements culturels. La culture n’est pas seulement une mémoire collective, elle est surtout une pratique vivante en perpétuel devenir ».

 



[1] Cf. Q.O du 28.06.07

[2] Dans le préambule de la constitution algérienne, on trouve que la Constitution est au-dessus de tout, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège la règle du libre choix du peuple et confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs.

[3] Cf. Q.O. 26-27/02/08  réflexion du sociologue Lahouari  Addi   

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
Mardi 12 Février 2008

« L’erreur rectifie l’homme »

 

 Saint Augustin.

 

Lors d’un voyage que j’ai effectué dans un pays Européens, j’étais assis dans le métro lorsqu’une personne m’a abordé et lors de notre conversation il m’a posé la question qui fâche : «De quel origine êtes-vous ?». Naturellement tout fière de mon pays, j’ai dit : « Je suis  Algérien ». Spontanément la personne m’a dit en anglais : «Là où on tue les enfants et les femmes ! ». La réponse de cette personne m’a vraiment affecté. C’est ainsi, lorsque on voyage à l’étranger, notre image est très loin de ce que nous pensons, parfois même on trouve des personnes qui ignorent complètement l’existence de notre pays. Certains pensent que l’Algérie c’est un petit département français, et d’autres citent des villes telle que Tunis, Tanger, Marrakech, (…) etc. Hormis les amateurs de littérature française (Albert Camus et d’autres auteurs) peu de personne connaissent notre pays. Parcontre, des Français connaissent notre pays mieux que nous-mêmes ! Je sais bien que beaucoup de lectures ont été confrontés un jour au l’autre à cette question : « D’où êtes-vous? ». D’ailleurs cette question a inespéré un sketch à l’humoriste Fallag. Qu’elle image l’Algérie laisse-t-elle à l’étranger ?

 

Aujourd’hui nous sommes bien loin d’une image d’une Algérie  luttant contre colonialisme français. Nos aïeuls étaient fiers d’exhiber leur passeport algérien. Malheureusement, il en est  toute autrement pour les gens de ma génération. Chaque jour des milliers de personnes tentent traverser la mer méditerranéenne pour rejoindre le nord, au péril de leur vie. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Je ne vais pas vous soûler avec un discours noirci, ni une moralisation absurde et vaine, mais tout simplement je désir vous faire part de mes interrogations. On se cherche toujours, les caisses de l’Etats sont pleines et le peuple est pauvre (tout le monde le sait) que faire ? Sortir dans la rue serait-il efficace ? Ecrire des articles ? Dénoncer les magouilles de nos dirigeants dans les instances internationales ? Créer des partis politiques, qui n’arrivent même à proposer des solutions à part les critiques accrues ou un soutien sans limite au chef de l’Etat ? Que faire ! J’avoue que cette situation est très asphyxiante et pousse tout le monde à la révolte, mais contre qui ? Contre ceux qui affirment : « Tout va bien, notre pays réaliser à un taux de croissance élevé, tout le monde va travailler, les touristes reviennent, notre école va bien, on construit des logements sociaux pour tous, pas d’acte de terrorisme, etc. ». Ou contre les barbus qui veulent instaurer une République Islamique ! Ou contre ces minuscules partis dits démocratiques, qui n’arrivent même à s’unir pour dépasser leurs différends personnels ! Nous reste-t-il un zeste de confiance à accorder à nos politiques ? Sommes-nous tous impliquées, responsable de ce marasme généralisé ? Notre grande handicape c’est que on ne parvient pas à nous réunir autour d’une table pour parler avec toute franchise de nos malheurs, ni même à nous s’organiser, ni même à proposer des solutions, sans qu’on se dispute. On n’arrive pas dépasser nos différends accumulés depuis la guerre de la libération national. Comme si notre histoire est condamnée à tourner en rond ! On tourne et on tourne pour arriver au même point !

 

Les dirigent des pays voisins ont compris l’importance de laisser une image rassurante à l’Etranger. Cela favorise les investissements Extérieur ce qui entraine une augmentation de l’emploi. Prenons  le cas du Maroc : depuis plusieurs années, ce pays s’emploi à développer son image au près des pays occidentaux, notamment par le bais de supports audio-visuelles. Les dirigeants Marocains et tunisiens ont privilégié l’intérêt économique de leur pays, leur devise : « Ni amis éternels, ni ennemies éternels, il y a que l’intérêt qui soit éternel ». Le résultat est visible, des milliers de touristes européens se rendent dans ces pays. Des amis me disent oui, mais regarde leur peuple est toujours pauvre. Nous aussi notre peuple est appauvri, même si il a le droit de dire sa peine, il est toujours au même point. Le Maroc, ou la Tunisie peuvent se passer de pétrole. Or l’Algériens est totalement dépendante de l’or noir.  Lorsque nous n’aurons plus de pétrole, l’Algérie pourra-t-elle éviter une guerre civile ? Ce n’est pas la diaspora qui manque, ni l’argent, ni les associations, c’est seulement et toujours une bonne dose de volonté politique accompagnée d’un personnel compétant. Vous allez me dire, mais oui notre Etat subvention beaucoup d’association à l’Etranger, or cette argent parvient-ils vraiment aux personnes concernées ?  Cet argent, est-il utilisé dans la corruption ? Est-il un moyen pour faire fuir des sommes faramineuses dans les banques européennes ?

 

Après une décennie sanglante, où notre image est associée au barbarisme d’inspiration du moyenne âge, une image trop véhiculée  par les télévisions arabes et mondiale, des hommes  la hache à la main, sur le front un bandeau portant l’inscription de l’acte de foi  (la chahada). Aujourd’hui il ne tue plus, mais ils procèdent à la manipulation dogmatique et idéologique du peuple. Tout le monde le dit, toute notre élite l’écrit chaque jour dans la presse nationale, mais le pouvoir est resté sourd, il fonce sans tenir compte de la souffrance du peuple. Ils nous sortent maintenant une nouvelle urgence pour que le pays se développe : « Troisième mandat ». Quelle urgence, comme si les deux autres mandats n’ont pas été suffisants pour donner l’espoir aux jeunes ! Même la constitution doit être taillée sur mesure selon chaque président ! Quelle loyauté envers notre peuple et vers notre histoire ! Jusqu’où nos gouvernants peuvent-ils aller ? Jusqu’à la destruction de la République , pour la donner en plat en or aux islamistes ? Ou  lorsque les caisses de l’Etat seront vides ? De toutes les façons le peuple payera toujours la facture de ce qu’il n’a pas choisi !                     

 

publié par Haddar yazid dans: psycho
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