<![CDATA[psychologie]]> http://psycho.dzblog.com C'est le prolongement de mes refléxions publiées dans la presse algérienne (el watan, quotidien d'oran....).A vous de réagir! fr Fri, 09 May 2008 10:55:10 GMT Fri, 09 May 2008 10:55:10 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Entre nous...]]> http://psycho.dzblog.com/article-239124.html

« Mieux vaut allumer une lampe que de se plaindre de l’obscurité. »

 

Par Yazid Haddar

 

 


L

 

es syndicats autonomes viennent de donner un bel exemple d’espérance démocratique. Ils viennent de nous montrer que tout est possible en Algérie, qu’il reste une force vive, que la révolution n’est plus similaire à celle d’antan : ne pas faire couler du sang pour la liberté, mais épargner les familles qui sont de plus en plus désabusées et désorientées par le pouvoir politique. J’inscris ces mouvements de protestations dans un processus de maturité de notre peuple et de nos forces vives pour rappeler à nos gouverneurs que nous sommes toujours dans une république. Et que nous avons un droit fondamental, celui de réclamer nos droits.

 

Ce mouvement de protestations qui se répand aux quatre coins du pays montre que les algériens ne sont plus dupes de ces réalisations inachevées, de ces discours creux et de ce nationalisme vieillot. C’est tout la population qui se réveille pour exprimer son mécontentement face à la gestion du pays, la stagnation politique, la corruption, le refus de distribuer les richesses et la défaillance du système éducatif. Le chômage étouffe nos villages et nos villes. La jeunesse de notre pays est perçue par les décideurs comme une entrave alors qu’elle devrait être, comme ailleurs, signe de richesse et de bonne santé économique du pays. Le taux de suicide des jeunes est alarmant. Certains vont même jusqu’à se mutiler devant les mairies (APC) pour exprimer leur malaise. Il s’agit là d’appels de détresse et l’expression du désir de vivre comme tous les jeunes du monde. Ces revendications montrent que notre société en mutation revendique un changement réel nécessitant un changement des mentalités de ceux qui gèrent le pays. Ces derniers ne cessent de nous rabâcher les mêmes analyses, le même projet de société, les mêmes leçons de morale. En outre, certains politiques sont tellement imbus de leur personne qu’ils considèrent toute critique pour une insulte personnelle. Ces mêmes individus, lorsqu’ils occupent des postes clé au sein de l’Etat, se comportent comme des pachas « Ya si ! ». Certains de nos politiques ont toujours pensé le monde à partir de secteurs immuables : l’Etat, la famille, l’identité. Si l’on veut penser le monde moderne, il faut le faire en termes de flux : flux de marchandises, d’idées, lesquels ne font qu’accélérer le bouleversement des divers secteurs.

 

La gestion actuelle des médias lourds prouve l’usure et le conservatisme de la mentalité de certains de nos politiques. Depuis les derniers événements, aucune information n’a été diffusée par la télévision algérienne et les radios nationales alors que ce sujet a fait la une dans toute la presse privée. Désormais, dès qu’un événement secoue le pays, les algériens ont le réflex de se tourner vers les chaînes étrangères. Nous contribuons, par le paiement de l’impôt, au fonctionnement de la télévision nationale. Nous sommes ainsi en droit d’exiger des chaînes algériennes qu’elles nous informent régulièrement sur ce qui nous concerne. C’est un droit et non une faveur ! Chacun sait que les médias sont une source privilégiée d’informations, mais ils permettent également de refléter l’image de la société. Ce n’est malheureusement pas le cas chez nous. Bien au contraire ! Au lieu d’être les garants de la confiance du peuple envers son gouvernement, les médias lourds sont des machines de propagande idéologique et politique. Cette lenteur abusive caractéristique de la gestion de l’information en Algérie pousse les gens à ne pas se reconnaître dans la télévision algérienne, ni de ce gouvernement actuel. Cette méfiance entre administrés et décideurs créée un abime entre eux. Ce fossé s’exprime d’une part, par le fait que les politiques s’éloignent des préoccupations quotidiennes du peuples en se lançant dans des projets irréalisables où la population est peu ou pas impliquée et d’autre part, par le fait que le peuple ne fait plus confiance en tout ce qui vient d’en-haut ! Il faut du temps, mais aussi des hommes et des femmes de bonne volonté pour rétablir un lien de confiance et de fidélité. Dans cette perspective, l’ouverture médiatique est urgente pour empêcher les détenteurs de l’information et les dogmatismes religieux de manipuler les esprits désorientés et nourrir de faux espoirs des gens désespérés. Il est de notre droit d’avoir des médias fidèles à l’image de notre réalité sociale, libres de critiquer nos institutions, nos gestionnaires et nos politiques dans le but d’améliorer, de renforcer et de stabiliser les institutions étatiques, tout en inculquant les valeurs démocratiques, républicaines et citoyennes.

 

Dans la conjoncture actuelle, nos intellectuels ne peuvent pas à s’imposer sur la scène médiatique. Certes, ceci est dû au verrouillage des médias lourds et à la politique de marginalisation. Mais si les intellectuels ne parviennent pas à s’imposer, c’est aussi parce qu’ils manquent d’organisation, de conviction, de perspective d’avenir, et parce qu’ils ne font pas confiance au peuple. C’est pourquoi, ils adoptent souvent un discours bien soigné afin ne pas heurter le pouvoir décisionnel. On se souvient de Kateb Yacine qui sillonnait les villages et les villes algériennes pour présenter des pièces théâtrales dans le but de bousculer les mentalités. Depuis, aucun intellectuel n’a eu l’audace ni la conviction d’aller à la rencontre du peuple pour débattre des problèmes algériens. Ce manque de débat sur les vrais problèmes représente effectivement un obstacle de communication entre nous. « Au fond, jamais nous n’avons eu l’occasion de nous parler, je veux dire entre nous, les Algériens, librement, sérieusement, avec méthode, sans a priori, face à face, autour d’une table, d’un verre. Nous avions tant à nous dire, sur notre pays, son histoire falsifiée, son présent émietté, ravagé, ses lendemains hypothéqués, sur nous-mêmes, pris dans les filets de dictature et du matraquage idéologique et religieux, désabusés jusqu’à l’écœurement, et sur nos enfants menacés en premier sous pareil régime », écrivait Boualem Sansal dans « Poste restante Alger ».

 

Est-il possible alors de parler d’union entre les algériens ? Est-il possible que tous les algériens se réunissent autour d’une table pour exposer, écouter, analyser leurs problèmes sans évoquer un passé et ses blessures qui nous enlisent davantage au lieu d’être facteur d’union et de réconciliation ?

L’histoire nous le dira… 


 

A lire :

Ø  « Après le colonialisme » d’Arjun Appadurai, philosophe indien, 2001 ;

Ø  « Poste restante Alger » de Boualem Sansal.

 

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Fri, 09 May 2008 10:55:10 GMT http://psycho.dzblog.com/article-239124.html
Algérie plurielle ! http://psycho.dzblog.com/article-234141.html  

Est-ce possible de parler d’union entre les algériens ? Est-il possible que tous les algériens se réunissent autour d’une table pour exposer, écouter, analyser leurs difficultés sans évoquer le passé et ses blessures. Ce passé nous enfonce davantage alors qu’il devrait nous rassembler et nous réconcilier. Le Président algérien a fait passer une loi sur la réconciliation nationale, qui amnistie davantage les égarés de la République. Cependant , cette loi exclue les autres enfants d’Algérie. Osons le dire : les enfants de Harkis sont algériens, les enfants des juifs algériens sont algériens, les enfants des Pieds-Noirs sont algériens. Tous sont porteurs d’une identité et d’une culture algérienne. Ces enfants ne doivent pas payer les choix et actions de leurs parents qui eux-mêmes étaient victimes des choix politiques. Cette identité ne doit pas disparaître ; elle ne fait pas seulement partie de la mémoire de notre pays, elle appartient également à la culture méditerranéenne. Il est inhumain d’assister à la disparition de la culture des juifs algériens, de la culture arabo-andalouse. Le plus important est de ne pas les conserver dans des musées. Notre objectif doit être de faire vivre ces cultures, témoignages de notre histoire, avec ses points positifs et négatifs. Pour que notre diversité culturelle reste vive, elle doit être exprimée au quotidien et si possible rester enracinée sur le sol algérien. Il est de notre devoir d’attirer l’attention de chacun sur ces identités en perdition. 

Ensemble, construisons l’« Algérie plurielle » !

 

  

 

 

 

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Wed, 16 Apr 2008 14:51:42 GMT http://psycho.dzblog.com/article-234141.html
Election présidentielle et révision constitutionnelle Embrouilles et cafouillages http://psycho.dzblog.com/article-225782.html voici un article publier dans le quotidien d'oran un constat très amer et très réaliste, merci le quotidien d'oran....

par Ghania Oukazi

Le président de la République vient de confirmer implicitement deux choses importantes, son rejet de l'ouverture politique et de celui de l'alternance au pouvoir.

En accordant mercredi dernier une interview à l'agence Reuters, le président de la République n'a à aucun moment fait allusion à la nécessité d'une ouverture politique ou à une alternance au pouvoir, deux fondamentaux d'un Etat de droit et de démocratie. Bien au contraire, il a estimé que les appels des partis et des associations à un mandat présidentiel sont une preuve de « maturité politique ». S'il dit vouloir avant toute chose voir si les objectifs qu'il s'est fixés pendant le deuxième mandat ont été ou non réalisés, c'est qu'il tient à mettre en avant des subterfuges qui lui serviront à tenir en haleine tous ceux n'attendent que le moment où il se prononcera pour ou contre un troisième mandat présidentiel.

C'est que le Président a toujours voulu être le centre du monde dans un pays qui n'arrive pas à émerger de la masse de problèmes qui l'enfoncent de plus en plus dans les contradictions et les aberrations d'un système politique décadent. Simple subterfuge est cette idée de vouloir d'abord voir les résultats qu'il s'est assignés durant ce quinquennat, parce que le Président sait en évidence qu'un grand nombre de projets lancés ne pourront jamais être achevés en une année seulement de temps.

Jamais le pays n'a enregistré autant de scandales financiers, par corruption et détournements interposés, que ces dernières années. Il doit aussi savoir que la hausse des prix du pétrole et les devises que le pays a engrangées développent les appétits les plus féroces et empêcheront toujours de laisser aboutir des projets de toute nature qu'ils soient. Ceci, bien sûr, quand le contrôle et la régulation font terriblement défaut. Mais cela semble lui importer peu. Il n'en parle à aucun moment. Mieux, il laisse entendre que les résultats qu'il veut d'abord voir palpables le sont déjà puisqu'il est convaincu que les appels de ses courtisans sont une preuve de « maturité politique ». Bouteflika aime le pouvoir dans toute la profondeur du terme. Il ne suggère pas, même pour la forme, la nécessité d'une alternance au pouvoir. Il ne se dit ni lassé, ni fatigué, encore moins déçu et blasé par les hommes qu'il a placés à des postes importants mais dont la gestion a pratiquement verrouillé les ultimes brèches de sortie d'une crise que personne ne peut pourtant ignorer.

Par sa reconnaissance à « la maturité politique » ambiante, il rend ainsi hommage aux Bounedjmaa, Tayeb El-Houari, Belkhadem et autres visages que ses différentes cours ont mis en avant pour le prier de se porter une troisième fois candidat. Et la seule chose qui semble l'énerver dans tout ce gâchis est que l'on se permette des commentaires et des supputations « fantaisistes » sur son état de santé. Etat qui, faut-il le souligner, est l'objet de discussions parce qu'il s'agit de celui du chef de l'Etat, donc un personnage dont la santé physique et morale doit intéresser toute la Nation, quand bien même il ordonnerait de ne plus en parler. Le Président fera par ailleurs l'impasse sur le drame des harraga et des kamikazes.



COMPROMIS ET COMPROMISSIONS



Pourtant, le pays profond souffre de malvie et de hogra. Ses jeunes sont prêts à affronter tous les genres de périls, pour peu qu'ils assurent une vie décente à leurs familles. Bouteflika sait au moins qu'une grande majorité des sinistrés du séisme de Boumerdès n'ont pas été relogés à ce jour, alors qu'il s'était engagé à le faire en peu de temps. De nombreux chantiers de construction de logements sont à l'arrêt ou alors achevés et non distribués. Que Mascara et Aïn Defla ne produisent plus la pomme de terre comme il se doit. Que ses ministres sont cités dans des affaires scabreuses sans que la justice ne s'en offusque. Ce sont là des signes qui montrent que la haute administration n'est pas saine. Signes qui ne l'obligeront pas pourtant à recomposer les équipes gestionnaires pour en corriger les dysfonctionnements.

Bien qu'on dise de lui qu'il n'aime pas les « pleurnichards », Bouteflika aime être entouré de gens de cours diverses. Il aime tenir les gens à sa merci. Au risque de faire étouffer toute velléité de contre-pouvoirs. La vie politique du pays, s'il la trouve évoluée, c'est parce qu'elle ne compte parmi ses intervenants que ceux qui le créditent d'une bonne gestion ou l'appellent à une « ouhda thalitha ».

L'on se rappelle qu'à la nomination de Belaïd Abdeslam comme son envoyé spécial à l'étranger, des personnes se sont interrogées sur les raisons de ce choix alors que, candidat à la présidentielle de 1999, cet ex-chef du gouvernement lui avait lancé en direct du petit écran: « S'il est un homme, qu'il se retire ». Bouteflika aurait eu comme réponse à cette interrogation: « Ne me demandez pas pourquoi je l'ai choisi, demandez-lui plutôt pourquoi il a accepté ».

Autre indice d'embrouilles et de cafouillages dans le système politique, le rôle de l'armée dans la gestion des affaires de l'Etat. Il est reconnu à Bouteflika qu'il a été le seul président à avoir cassé des équilibres civils mais surtout militaires dont la solidité avait fait ses preuves en matière de prises de décisions importantes pour le pays. Il en a lui-même été sujet quand son retour au pouvoir avait exigé à la fois des compromis et des compromissions. Il semble en outre, selon des sources concordantes, que les engagements pris dans ce genre de situation n'ont pas été tout à fait honorés. L'on note, comme déjà signalé dans ces colonnes, que « ceux qui l'ont ramené aux commandes du pays n'ont jamais voulu qu'il y reste plus d'un mandat ».

A l'évocation de cet épisode de l'histoire nationale, l'on rappelle des anecdotes dont l'esprit pourrait quelque peu expliquer la personne du Président. « Parfois, il dit et fait des choses qui m'étonnent et m'inquiètent et qui me laissent avouer que je ne l'ai jamais connu alors que je pensais bien le connaître », avait affirmé avec amertume un haut responsable inscrit dans le cercle « des faiseurs de président ».

 

RECOMPOSITION DES POUVOIRS
ET REVISION CONSTITUTIONNELLE




Autre aveu d'un autre haut responsable: « J'ai été le voir pour lui dire qu'il doit écouter tout ce qui se passe autour de lui, qu'il y a de gros problèmes. Il m'a reçu devant la porte et m'a lancé: «Vous avez laissé gouverner ceux qui étaient avant moi sans vous inquiéter de quoi que ce soit. Et aujourd'hui, vous voulez me demander des comptes alors que je ne suis qu'au début d'un deuxième mandat ! ».

D'ailleurs, faut-il le noter, c'est quand il s'est assuré de son deuxième mandat que le chef de l'Etat a commencé sa purge des hautes sphères des pouvoirs. Sa mise à la retraite de plus d'une vingtaine de généraux des postes de commandements militaires centraux et régionaux n'avait rien d'un acte fortuit. Le départ de Mohamed Lamari de la tête de l'état-major militaire et la nomination de Larbi Belkheir en tant qu'ambassadeur au Maroc ne l'étaient pas non plus. L'on continue de dire que le Président a toujours eu à coeur de « réformer » les services que dirige Mohamed Médiène, alias Tewfik. Pour rappel, il a déjà remanié les services de sécurité au niveau du palais d'El-Mouradia. A la même période, il avait aussi mis à la retraite Senhadji, le patron des transmissions, décédé il y a quelques mois.

Si l'on peut penser que Bouteflika a les coudées franches pour opérer tout changement qu'il juge nécessaire au sein des pouvoirs, il doit naturellement faire face à des résistances que le système politique a toujours déployées pour se préserver. Il sait cependant pertinemment que l'armée ne pourrait se retirer du politique que si les fondements de ce système en question sont remodelés. Leur redéfinition ne peut se faire que sur la base d'une révision profonde et réfléchie de la Constitution. Le Président n'en fera même pas cas. Ce qui démontre encore une fois, comme cela a été déjà signalé dans ces colonnes, que le projet de révision de la loi suprême du pays est loin de faire l'unanimité dans les hautes sphères des pouvoirs. « C'est dangereux de toucher à la Constitution », nous avait dit l'année dernière un haut responsable à la Présidence de la République. « Ce n'est pas un jeu. Pensez-vous qu'il soit facile de laisser un président la changer juste pour qu'il s'éternise à la tête de l'Etat ? », souligne un autre.

Ceci étant, ayant été l'un des architectes du régime, Bouteflika sait, s'il le veut, saisir l'exacte opportunité pour arriver à ses fins. Même si pour cela, il devra recomposer les pouvoirs comme il a eu à le faire pour prendre sa revanche sur l'histoire, le pays et les hommes.



 
   

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Sun, 16 Mar 2008 16:22:40 GMT http://psycho.dzblog.com/article-225782.html
A quand la liberté de culte ? http://psycho.dzblog.com/article-223105.html « Pas de contrainte en religion »

Coran (II, 256).

A-t-on le droit d’adhérer à une  religion différente de nos parents ? Oui. Peut-on imposer à une personne de se convertir à une religion ? Non. Doit-on laisser les autres religions exercer leur culte ? Oui. Les autres religions font-elles partie de notre patrimoine identitaire ? Oui. Il y a tant d’autres questions que les Algériens doivent en poser car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. L’ordonnance n° 06-08 du 28 février 2006 adoptée le 20 mars 2006 qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, est une loi injuste et ne trouve guère sa place dans le monde civilisé[1]. Je me suis déjà exprimé à propos de cette loi que je trouve rétrograde et qui ne correspond pas à l’image d’un pays en pleine effervescence économique. En outre, cette loi ne respecte pas les normes d’une république moderne. J’espérais que notre Etat parvienne à protéger la liberté des consciences au lieu de les limiter à une seule conscience. N’est-ce pas là un retour à l’esprit totalitaire ? Les gouverneurs doivent intégrer dans leur pensée que nous sommes dans une république et non pas un royaume, que nous sommes des citoyens et non pas des sujets ! La citoyenneté est basée sur le respect des droits et devoirs de chacun. Cependant, la religion se situe au niveau individuel : c’est à l’individu de choisir une liberté, une conscience qui lui correspond. Et l’Etat doit être le garant de cette diversité[2] (article 36 : « La liberté de conscience et la liberté d'opinion sont inviolables »). Le mouvement national émane du modèle républicain français et est nourri par ses valeurs comme la laïcité, un Etat de droit, la justice sociale, etc. (le fondateur du PPA, père du mouvement national, était influencé par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne « 1923-1938 »). Cependant, la pratique démocratique est difficilement compatible avec la problématique de l’identité (religieuse) se définissant par les frontières qui séparent de l’Autre[3].

 

 

La campagne médiatique menée par la presse écrite, en particulier par un quotidien très connu pour ses penchants islamistes en considérant toute question comme une agression et toute réponse comme une riposte, me semble exagérée et infondée. S’attaquer à une minorité qui ne représente même pas 1% de la population algérienne, ne constitue qu’une provocation gratuite. Cette minorité représente-t-elle un danger pour le pays ? Porte-t-elle un message de haine et d’intolérance ? Ce qui me gène dans cette question, c’est l’infantilisation du peuple Algérien : on choisit à sa place. Depuis un siècle et demi, les Algériens étaient sous la domination coloniale française. Ils n’avaient guère songé à renoncer à leur religion (même les harkis sont restés fidèles à leur religion qui fait partie de leur identité). Cela dit, ceux qui ont opté pour d’autres formes de croyance et d’incroyance, aiment leur pays comme tout le monde. Ils sont fiers d’appartenir à la nation algérienne et sont parfois plus chauvins que ceux  qui se réclament les gardiens du temple « de l’identité nationale ». Cette campagne médiatique est menée à la manière d’El-Djazira : chaque jour, nous avons droit à un article sur la communauté chrétienne algérienne vivant en Algérie ou ailleurs. Ce n’est qu’une alimentation de l’idéologie et de la pensée répandue, adoptée par ceux qui croient aux chocs des civilisations ! Tant mieux s’il existe dans ce pays des personnes qui pensent et croient différemment, car si tout le monde pense de la même façon, personne ne pense, comme dit le philosophe. Nous sommes très loin du cas des pays d’orient où chaque religion est importante.

 

 

La présence chrétienne en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, elle fait partie de l’histoire de notre nation. Des noms célèbres de l’Eglise ont marqué l’histoire de cette dernière. Doit-on nier cette partie de nous ? Doit-on l’extirper de nos manuels scolaires, de nos têtes pour satisfaire une minorité qui ne parvient pas à regarder et à assumer toutes les racines historiques de cette partie du monde. Pendant la Guerre de Libération, combien de prêtres ont-ils pris position pour l’indépendance de notre pays ? A-t-on oublié le combat mené par le « Témoignage Chrétien » contre la torture en Algérie ? Chrétiens et Communistes du monde ont participé de près ou de loin à l’indépendance de notre pays. On se souvient du Cardinal Duval, le Père Clavier, le Père Scotto, des sept moines sauvagement assassinés et tant d’autres qui ont donné leur vie pour nous et notre pays. Ils aiment notre pays, ils ont épousé nos traditions, notre langue. Ils étaient là (ils sont toujours) avec nous pendant la décennie noire, en assurant les bibliothèques, des espaces de culture, alors que les autochtones quittaient le pays.

 

 

Ce n’est pas le Père Pierre Wallez qui célèbre une messe pour une fête de Noël pour les chrétiens émigrants, ni le centre social où travaille le père Jan Heuft (qui a consacré sa vie aux  sourds et muets algériens) qui vont déstabiliser le pays. Imaginons qu’une communauté musulmane, vivant clandestinement dans un pays européen, célèbre la prière de l’Aïd et que les autorités de ce pays emprisonnent l’Imam pour prosélytisme ! Quelle serait la réaction des musulmans du monde ? On parle beaucoup de la tolérance et on crie à l’injustice lorsque les autres touchent à nos libertés, mais qu’en est-il de nous ? La liberté du culte chez nous régresse et cette intolérance pousse des Algériens à l’exil. Il serait préférable de canaliser l’énergie gaspillée pour semer la peur de l’autre, afin de construire un état de droit et développer la modernisation de notre société. Comme l’a écrit Lahouari  Addi, « le plus urgent n’est pas de définir aujourd’hui les fondements culturels de la nation; il est plutôt de la doter d’institutions représentatives des individus et des groupes sociaux qui la constituent sociologiquement et qui eux-mêmes construiront à travers le temps les fondements culturels. La culture n’est pas seulement une mémoire collective, elle est surtout une pratique vivante en perpétuel devenir ».

 



[1] Cf. Q.O du 28.06.07

[2] Dans le préambule de la constitution algérienne, on trouve que la Constitution est au-dessus de tout, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège la règle du libre choix du peuple et confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs.

[3] Cf. Q.O. 26-27/02/08  réflexion du sociologue Lahouari  Addi   

 

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Thu, 06 Mar 2008 23:05:34 GMT http://psycho.dzblog.com/article-223105.html
Bottom-Dawn ! http://psycho.dzblog.com/article-216376.html « L’erreur rectifie l’homme »

 

 Saint Augustin.

 

Lors d’un voyage que j’ai effectué dans un pays Européens, j’étais assis dans le métro lorsqu’une personne m’a abordé et lors de notre conversation il m’a posé la question qui fâche : «De quel origine êtes-vous ?». Naturellement tout fière de mon pays, j’ai dit : « Je suis  Algérien ». Spontanément la personne m’a dit en anglais : «Là où on tue les enfants et les femmes ! ». La réponse de cette personne m’a vraiment affecté. C’est ainsi, lorsque on voyage à l’étranger, notre image est très loin de ce que nous pensons, parfois même on trouve des personnes qui ignorent complètement l’existence de notre pays. Certains pensent que l’Algérie c’est un petit département français, et d’autres citent des villes telle que Tunis, Tanger, Marrakech, (…) etc. Hormis les amateurs de littérature française (Albert Camus et d’autres auteurs) peu de personne connaissent notre pays. Parcontre, des Français connaissent notre pays mieux que nous-mêmes ! Je sais bien que beaucoup de lectures ont été confrontés un jour au l’autre à cette question : « D’où êtes-vous? ». D’ailleurs cette question a inespéré un sketch à l’humoriste Fallag. Qu’elle image l’Algérie laisse-t-elle à l’étranger ?

 

Aujourd’hui nous sommes bien loin d’une image d’une Algérie  luttant contre colonialisme français. Nos aïeuls étaient fiers d’exhiber leur passeport algérien. Malheureusement, il en est  toute autrement pour les gens de ma génération. Chaque jour des milliers de personnes tentent traverser la mer méditerranéenne pour rejoindre le nord, au péril de leur vie. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Je ne vais pas vous soûler avec un discours noirci, ni une moralisation absurde et vaine, mais tout simplement je désir vous faire part de mes interrogations. On se cherche toujours, les caisses de l’Etats sont pleines et le peuple est pauvre (tout le monde le sait) que faire ? Sortir dans la rue serait-il efficace ? Ecrire des articles ? Dénoncer les magouilles de nos dirigeants dans les instances internationales ? Créer des partis politiques, qui n’arrivent même à proposer des solutions à part les critiques accrues ou un soutien sans limite au chef de l’Etat ? Que faire ! J’avoue que cette situation est très asphyxiante et pousse tout le monde à la révolte, mais contre qui ? Contre ceux qui affirment : « Tout va bien, notre pays réaliser à un taux de croissance élevé, tout le monde va travailler, les touristes reviennent, notre école va bien, on construit des logements sociaux pour tous, pas d’acte de terrorisme, etc. ». Ou contre les barbus qui veulent instaurer une République Islamique ! Ou contre ces minuscules partis dits démocratiques, qui n’arrivent même à s’unir pour dépasser leurs différends personnels ! Nous reste-t-il un zeste de confiance à accorder à nos politiques ? Sommes-nous tous impliquées, responsable de ce marasme généralisé ? Notre grande handicape c’est que on ne parvient pas à nous réunir autour d’une table pour parler avec toute franchise de nos malheurs, ni même à nous s’organiser, ni même à proposer des solutions, sans qu’on se dispute. On n’arrive pas dépasser nos différends accumulés depuis la guerre de la libération national. Comme si notre histoire est condamnée à tourner en rond ! On tourne et on tourne pour arriver au même point !

 

Les dirigent des pays voisins ont compris l’importance de laisser une image rassurante à l’Etranger. Cela favorise les investissements Extérieur ce qui entraine une augmentation de l’emploi. Prenons  le cas du Maroc : depuis plusieurs années, ce pays s’emploi à développer son image au près des pays occidentaux, notamment par le bais de supports audio-visuelles. Les dirigeants Marocains et tunisiens ont privilégié l’intérêt économique de leur pays, leur devise : « Ni amis éternels, ni ennemies éternels, il y a que l’intérêt qui soit éternel ». Le résultat est visible, des milliers de touristes européens se rendent dans ces pays. Des amis me disent oui, mais regarde leur peuple est toujours pauvre. Nous aussi notre peuple est appauvri, même si il a le droit de dire sa peine, il est toujours au même point. Le Maroc, ou la Tunisie peuvent se passer de pétrole. Or l’Algériens est totalement dépendante de l’or noir.  Lorsque nous n’aurons plus de pétrole, l’Algérie pourra-t-elle éviter une guerre civile ? Ce n’est pas la diaspora qui manque, ni l’argent, ni les associations, c’est seulement et toujours une bonne dose de volonté politique accompagnée d’un personnel compétant. Vous allez me dire, mais oui notre Etat subvention beaucoup d’association à l’Etranger, or cette argent parvient-ils vraiment aux personnes concernées ?  Cet argent, est-il utilisé dans la corruption ? Est-il un moyen pour faire fuir des sommes faramineuses dans les banques européennes ?

 

Après une décennie sanglante, où notre image est associée au barbarisme d’inspiration du moyenne âge, une image trop véhiculée  par les télévisions arabes et mondiale, des hommes  la hache à la main, sur le front un bandeau portant l’inscription de l’acte de foi  (la chahada). Aujourd’hui il ne tue plus, mais ils procèdent à la manipulation dogmatique et idéologique du peuple. Tout le monde le dit, toute notre élite l’écrit chaque jour dans la presse nationale, mais le pouvoir est resté sourd, il fonce sans tenir compte de la souffrance du peuple. Ils nous sortent maintenant une nouvelle urgence pour que le pays se développe : « Troisième mandat ». Quelle urgence, comme si les deux autres mandats n’ont pas été suffisants pour donner l’espoir aux jeunes ! Même la constitution doit être taillée sur mesure selon chaque président ! Quelle loyauté envers notre peuple et vers notre histoire ! Jusqu’où nos gouvernants peuvent-ils aller ? Jusqu’à la destruction de la République , pour la donner en plat en or aux islamistes ? Ou  lorsque les caisses de l’Etat seront vides ? De toutes les façons le peuple payera toujours la facture de ce qu’il n’a pas choisi !                     

 

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Tue, 12 Feb 2008 19:58:50 GMT http://psycho.dzblog.com/article-216376.html
Bonne année ! http://psycho.dzblog.com/article-206709.html Chers lecteurs,

Je vous souhaite à tous une très bonne année 2008,

la réalisation de tous vos projets

et une vie sereine.

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Thu, 03 Jan 2008 12:48:56 GMT http://psycho.dzblog.com/article-206709.html
Handicapés mentaux et pratiques traditionnelles http://psycho.dzblog.com/article-199629.html Publier dans El-watan du 03/12/07

 « Tout symptôme a une valeur dans le passé, dans le présent et pour l’avenir »

Ibn Sina (Avicenne, 980-1037 J. C)

 

 

 

 

 

 

On ne doit pas s’étonner si, en Algérie, le nombre de personnes nécessitant un suivi psychiatrique dépassent le seuil de deux millions. En effet, comme je l’ai souligné dans un article sur la formation des psychologues en Algérie, les événements que les Algériens ont vécus pendant la décennie noire et la libération brusque du marché économique, laissent des séquelles sur le plan psychologique. En outre, tout événement négatif vécu par une personne provoque des réactions psychiques qui dépendent moins de la nature de l’affection en cause que de sa perception, de l’enjeu vital qu’elle représente et des ruptures de vie qu’elle peut impliquer. Une mauvaise fracture de la jambe, par exemple, peut briser la carrière d’un sportif ou simplement lui interdire la pratique d’un sport qui était nécessaire à son équilibre psychologique, et induire l’angoisse ou la dépression. Les personnes ayant assisté à des exécutions, à des massacres, ou à des événements aussi violents sont forcément atteintes dans leur psychisme. Aux Etats-Unis, le taux de suicide est de plus en plus élevé au sein des militaires qui ont participé à la guerre en Iraq. En Algérie, on parle peu de ce phénomène qui existe pourtant !

 

 

 

Les maladies et leurs conséquences entraînent ainsi une modification de l’identité du sujet, une baisse de l’estime de soi, une rupture du projet de vie, et déclenchent ou accentuent l’angoisse de la mort. Cependant, le retentissement psychologique de la maladie est, dans une large mesure, indépendant de la nature de l’affection. Il dépend essentiellement de la personnalité du sujet, de la perception qu’il a de la maladie et de ses conséquences vitales ou fonctionnelles, mais également de la qualité du soutien qu’il trouve auprès de son entourage.

 

 

 

En Algérie, la prise en charge des handicapés mentaux est carencée car les institutions répondent rarement à leurs besoins. Les psychiatres, en nombre insuffisant (1 pour 60 000[1]), manquent de temps pour renouveler leur formation. D’autre part, le personnel manque parfois de professionnalisme. Dans ces conditions, les familles d’handicapés mentaux se trouvent souvent démunies.

 

 

 

Certains malades mentaux sont cloîtrés chez eux, souvent depuis l’enfance, sans contact extérieur. Je l’ai constaté moi-même lors d’une visite à domicile réclamée par les parents de deux filles handicapées mentales. Elles portaient des sacs en plastiques en guise de couches car, sur le marché algérien, les couches pour adultes sont rares et chères. D’autres malades mentaux errent dans les rues. Certains sont bien connus de la population pour laquelle ils sont inoffensifs. Chacun leur fournit vêtements et nourriture et personne n’est choqué par les conduites les plus aberrantes. Une aliénée déambulant nue dans la rue n’attirera pas de réaction hostile et chacun l’aidera à réintégrer son repère habituel.

 

 

 

En Algérie, le mariage consanguin est l’une des causes les plus fréquentes d’handicap mental. Selon une étude réalisée par la Fondation Nationale pour la Promotion de la Santé et du Développement, le taux de mariages consanguins est de 88 % à Tébessa, 56% à Ghardia, 52% à Ain Defla et 50,6% à Bejaia[2]. Cette étude a été menée par des étudiants en médecine entre novembre 2006 et Avril 2007. Le mariage consanguin est culturel. Il est souvent conclu dans le but de préserver l’héritage financier de la famille ou pour des raisons d’ordre purement traditionnel. Cependant, ces pratiques ont des conséquences désastreuses sur le plan pathologique. Nous assistons en effet à une forte augmentation de trisomies 21, de becs de lièvre, de maladie X fragile, maladie de Duchenne, etc. et des pathologies génétiquement rares[3]. Ces pratiques culturelles ont des conséquences coûteuses pour l’état et la société. Elles pourraient pourtant être évitées par le biais, par exemple, d’une campagne de sensibilisation. Il est nécessaire que toute la société (médias, scientifiques, imams, enseignants et médecins de proximité) s’implique dans cette cause.

 

 

 

Une mauvaise hygiène de vie peut également être source de handicap mental. Dans les bidonvilles où il n’existe ni eau potable ni système d’évacuation des eaux usées, les habitants sont exposés à de hauts risques de handicap mental. Ce risque est aggravé par la présence de rats et autres bestioles qui peuvent participer en amont à des aberrations chromosomiques.

 

 

 

La malnutrition est un autre facteur du handicap mental. En effet, en Algérie, le manque de ressources et les prix exorbitants privent beaucoup d’enfants d’aliments indispensables à leur croissance. Autrefois, le couscous était riche en légumes, en viande, en semoule, ce qui en faisait un repas équilibré (lipides, sucres lents et protéines). Désormais, ce déséquilibre alimentaire touche l’ensemble de la société. D’après les normes de l’organisation mondiale de la santé (OMS), la malnutrition touche l’Algérie. Certaines études ont montré que l’alimentation carencée chez la femme enceinte augmente le risque de naissances d’handicapés mentaux. Par exemple, le manque de vitamine B6 pendant la gestation favorise le risque de naissances d’enfants autistes. Pour pallier à cette carence alimentaire, il faudrait généraliser la restauration à l’école permettant aux enfants non seulement de manger équilibré mais aussi d’acquérir des notions d’hygiène alimentaire. L’encadrement par des adultes est évidemment indispensable. Cela permettrait également de prévenir les pathologies émergentes telles que l’obésité et l’anorexie.

 

 

 

Enfin, le handicap mental peut être provoqué par certaines pratiques cultures. Par exemple, les bébés emmaillotés et dormant dans une pièce surchauffée souffrent très souvent de déshydratation, ce qui peut entraîner des convulsions. Certains internes, devant ces situations d’urgence, prescrivent des anticonvulsifs à fortes doses, ce qui entraîne, dans la plupart des cas, des séquelles irréversibles (épilepsie, retard du développement moteur, etc.)

 

 

 

Dans certaines cultures nord-africaines, on ne laisse jamais le nouveau-né seul et sans objet de protection, ceci pour éviter les fièvres, les convulsions, les maladies graves et la mort. L’enfant doit rester ainsi les quarante premiers jours de sa vie sans franchir le seuil de la maison. A sa première sortie, il est emmené en pèlerinage chez un marabout saint. L’enfant dans les bras, on fait plusieurs fois le tour du tombeau du saint afin d’attirer sur lui la protection divine et lui garantir un avenir. Lors d’une crise d’épilepsie pendant laquelle les convulsions ne seraient que les mouvements clastiques du démon au sein du malade dont le corps lui devient étrange, les personnes présentes sont terrorisées à la vue de ce phénomène : l’épileptique provoque la peur et l’angoisse. C’est ainsi qu’un grand nombre d’enfants en bas âge présentant des convulsions –pathologie fréquente en pédiatrie – restent sans traitement parce que les démons les habitent et que seules les thérapies traditionnelles peuvent y remédier !

 

 

 

Des personnes sont considérées comme possédées, habitées, frappées par les Jnouns (ou démons) qui révèlent leur mauvaise essence, leur puissance, leur mécontentement à travers leur délire. Il s’agit en fait de crises d’épilepsie ou de manifestations hystériques paroxystiques. A le voir rire ou parler seul, on explique que l’halluciné s’entretient avec le démon qui est en lui alors qu’en fait, il est en rapport constant avec son monde hallucinatoire. Les hallucinations sont des perceptions involontaires sans objet. Les illusions sont dues à la perception erronée des qualités d’un objet ou d’une situation réelle. Ces deux aberrations sensorielles relèvent, dans la grande majorité des cas, d’une pathologie neurologique ou psychiatrique[4].

 

 

 

Dans les pays maghrébins à forte culture traditionnelle, l’opposition entre pratiques traditionnelles et médecine légale est toujours d’actualité. Selon le Professeur BOUCEBCI, cette question est importante vu le nombre de patients, de toutes origines socio-économiques, qui ont recours aux diverses pratiques traditionnelles. C’est un constat quotidien en psychiatrie, médecine générale, pédiatrie, gynécologie, etc. Cette confrontation soulève d’emblée la place da la pratique traditionnelle et celle du savoir médicale. Selon le même auteur, il semble que l’irrationnel réponde à un besoin réel, profond, peut-être inné chez l’homme, besoin exprimé par ce qui nous apparaît dans les cultures anciennes comme relevant du mythique et du merveilleux. Ces aspects retrouvés dans les pratiques traditionnelles où ils colorent s’ils ne résument les connaissances de l’époque ou leur mode d’approche et d’expression, induisent une attitude variée dans notre appréciation, compréhension et remise en question des problèmes et modèles médicaux, notamment thérapeutiques possibles et efficaces. Dans le même ordre d’idée, l’adhésion du patient et l’efficacité d’une pratique traditionnelle tiennent aussi, comme l’a souligné ELLENBERGER, à son acceptation culturelle.

 

 

 

Selon Ghita El Khayat[5], les Berbères auraient attribué avant l’Islam des pouvoirs magiques aux arbres, aux pierres et à d’autres objets. Le personnage sacré du marabout, intercesseur entre Dieu et ses fidèles, auréolé de la « Baraka » -sorte de talent béni-, aurait été parfaitement adapté à la mentalité berbère. Le marabout est un « salih », un saint, « Sayed », un seigneur, dont les bienfaits sont transmissibles à son successeur ou à ses descendants. Quelques marabouts dirigèrent ou inspirèrent les nombreuses confréries, « zaouïa », qui ont joué un rôle important en région d’Afrique du nord. La zaouïa remplissait trois fonctions : religieuse, culturelle et sociale. Comment en est-on venu à lui confier les malades mentaux ? Cela reste encore à découvrir… Selon Ghita El Khayat, une corrélation a dû s’établir, à un moment donné, entre personnage du Saint et la guérison supposée d’une telle maladie. Le marabout, doté de son vivant et après sa mort du pouvoir de soulager aussi bien moralement, physiquement que psychiquement, est surtout le détenteur de la « Baraka », don précieux qui le place comme intercesseur bienheureux entre Dieu et les Hommes…

 

 

 

Cependant, les saints étaient et sont encore réputés comme ayant un pouvoir particulier sur telle ou telle affection, et certains sont capables de guérir quasi-exclusivement les maladies mentales. Chaque marabout a sa spécialité (épilepsie, maladies neurologique, hystérie, convulsions, troubles sexuel et de l’érection, etc.) Certains sont réputés souverains contre « Lemsalmine », démons qui habitent le possédé. Par contre, certains utilisent la pharmacopée, méconnue, mais aux réelles vertus médicales. Le Pr. BOUCEBCI cite l’exemple d’un enfant dont l’instabilité psychomotrice et les désordres relationnels ont été nettement améliorés après avoir bu de façon régulière l’eau d’une source. Après analyse, il s’est avéré que cette eau était riche en sels de lithium.

 

 

 

D’autres thérapies relevant de la pharmacopée traditionnelle, notamment celles recourant aux plantes, sont parfois dotées de réelles vertus, même si les principes actifs restent encore mal cernés ou inconnus sur le plan pharmacologique. Toutefois, il est important de souligner que ces pratiques doivent êtres contrôlées par les institutions étatiques. Pour les exercer, il est primordial de connaître les substances chimiques de chaque plante et leurs rôles pharmacologiques. Dans certains pays, il existe des programmes universitaires incluant l’étude de la pharmacologie traditionnelle afin de ne pas laisser libre cours au charlatanisme (voir le cas rapporté par la presse nationale en novembre 2007, d’une femme décédée suite à une rekia).

 

 

 

Les pratiques traditionnelles, rationalisées et étalonnées aux normes scientifiques, pourront être conservées par la société et permettront aux groupes pharmacologiques de développer des remèdes plus efficaces.

 

 

 

 

 

 

Yazid HADDAR



[1] Cf. El-Watan 8/11/07.

 

 

[2] Cf. El-Watan 19/09/07.

 

 

[3] Cf. In Science, vol 11, N°31, p 3851, 2006, cité dans Cerveau et psycho N°17, où un retard mental particulier a été identifié chez sept enfants d’une même région, tous porteurs d’un même gène muté.

[4] Cf. Neurologie clinique et neurologie du comportement, P367, 2006. 

[5]  Une psychiatrie moderne pour le Maghreb, édition l’Harmattan, 1994.

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Fri, 30 Nov 2007 08:44:37 GMT http://psycho.dzblog.com/article-199629.html
Notre « Ennemi Intime » http://psycho.dzblog.com/article-192321.html  

« Il n’y a pas un ami éternel, ni un ennemi éternel, mais il y a un intérêt éternel »

 

Au cours de cette semaine, j’ai vu le film « l’ennemi intime » de Florent Emilio Siri, sorti en salle le 3 octobre en France. L’avis de nos compatriotes à propos de ce film est mitigé : il y a ceux qui disent que la France les méprise en touchant au symbole de la révolution algérienne qu’est le FLN, et ceux qui reconnaissent qu’il y a eu effectivement des massacres commis par le FLN contre ceux qui ne voulaient pas coopérer ainsi que des tueries fratricides entre FLN et MNA.

 

Du côté français, nombre d’intellectuels et politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, reconnaissent les crimes commis au cours de l’histoire de la France coloniale, envers les populations colonisées. Les Français qui ont participé de près ou de loin à la guerre d’Algérie reconnaissent que l’armée française a utilisé la torture, le napalm contre notre peuple. Ainsi, pour certains, la France souffre d’une culpabilité qui l’empêche d’avancer. Pour d’autres, la France doit présenter ses excuses à tous les peuples colonisés. Le passé colonial alimente sans cesse les débats politiques, en particuliers ceux concernant l’immigration.

 

Ce qui m’intéresse dans ce débat, ce n’est pas le fait que la France reconnaisse ses crimes contre notre peuple, car ceci reste l’affaire des représentants des deux Etats respectifs. Portons plutôt notre attention sur le travail réalisé par de nombreux intellectuels (romanciers, documentaristes, réalisateurs, historiens et sociologues) qui a pour but de secouer les consciences et provoquer les débats. Actuellement, beaucoup d’historiens français souhaitent rétablir la vérité auprès des nouvelles générations afin qu’elles puissent s’identifier à la nation française. Cette culpabilité est le fruit d’une conscientisation et d’une humanisation du système éducatif. C’est aussi une reconnaissance de la diversité des identités en France. Il me semble que ce travail de mémoire est bien réfléchi et qu’il mérite d’être pris en considération de notre côté. Si la France a attendu 1999 pour reconnaître qu’il y a eu une guerre d’Algérie c’est, d’une part, à cause de l’enjeu financier et d’autre part, parce que certains acteurs de cette guerre sont toujours au pouvoir notamment du côté algérien. A ce jour, les plaies sont toujours vives de part et d’autre. Un travail de mémoire est nécessaire en Algérie mais il n’est possible que si l’on écarte le côté émotionnel.

 

Beaucoup de romanciers algériens ont écrit sur cette guerre mais sans faire allusion aux massacres. Ils se sont souvent cantonnés aux causes de la guerre, aux méthodes utilisées et aux us et coutumes du pays. Les règlements de compte entre le FLN et les fidèles de Massali Hadj restent tabous. Nous évoquons souvent la colonisation mais nous oublions fréquemment le côté humain de cette guerre. Effectivement, peu d’acteurs de cette guerre effectuent un réel travail de mémoire. On ne peut pas se fier uniquement à tous ces charlatans qui s’attribuent une histoire tronquée pour en tirer quelque profit moral ou matériel ! Plusieurs questions ne sont pas encore élucidées : pourquoi les moudjahiddines égorgeaient-ils leurs concitoyens ? Est-ce à cause d’une cigarette allumée qu’on peut se permettre de mutiler un concitoyen ? Comment expliquer l’assassinat des hauts responsables du FLN ? Oui nous étions en guerre, mais rien ne nous empêche maintenant de reconnaître ces méthodes atroces. Faire notre mea-culpa n’est pas un signe de faiblesse mais au contraire un signe de sagesse.

 

A l’école, nous sommes fiers d’apprendre que nous nous sommes battus pour libérer notre nation algérienne du joug du colonialisme. Nous serions encore plus fier lorsque nous assumerons nos erreurs passées. Ainsi, nous rapprocherons-nous de nos valeurs ancestrales d’humanisme. En effet, cette sacralisation de la guerre d’Algérie devient lourde, comme si nos anciens combattants étaient des saints ! L’Etat a le devoir de relater la vérité pour que les jeunes s’identifient enfin à une histoire juste.

 

Voici une anecdote de Ahmed Saïfi Benziane[1] : un jeune court dans les rues d’Oran avec un drapeau espagnol (…) lorsque un vieux lui suggère de faire la même chose avec le drapeau national en lui rappelant que notre drapeau couleur paradis à coûté un million et demi de martyrs. Le jeune rétorque que des milliers de harragas sont morts pour le drapeau espagnol et qu’il court à la mémoire de ses amis partis sans retour. Cette petite histoire nous montre que le nationalisme n’a plus de place dans la préoccupation des jeunes. Et ce phénomène ne touche pas que les jeunes algériens, mais tous les jeunes du monde. Aujourd’hui, les jeunes aspirent au travail dans un climat de paix. Ainsi, tout ce que nos grands-parents ont sacrifié pour nous n’est pas valorisé aux yeux de la nouvelle génération. A force de sacraliser l’histoire, on la banalise. Pourtant, le budget de Ministère des Anciens Combattants dépasse celui de l’Education Nationale…

 

Pour la première fois, les Français avouent, à travers un film, que le napalm a été utilisé pendant la guerre d’Algérie. Des images choquantes révèlent l’atrocité et la barbarie de cette méthode. Les appelés de l’armée française, une fois sur le terrain, étaient manipulés par la hiérarchie militaire. Le film fait également la lumière sur l’engagement des algériens aux côtés de l’armée française. Ainsi, l’apparition brève (mais brillante) de Fellag montre le dilemme qu’ont vécu et que vivent toujours les Harkis. On assiste au massacre de tous les habitants d’un village par les combattants du FLN. Cette scène a d’ailleurs provoqué une vive réaction de beaucoup d’algériens. Ces images sont certes choquantes. Néanmoins, elles nous rappellent un passé qui reste proche[2].

 

Nos pires ennemis sont notre orgueil et notre aveuglement La reconnaissance de nos fautes me semble aujourd’hui indispensable si nous voulons réellement effectuer un travail commun de mémoire. (Je parle ici des faits qui se sont déroulés au cours de la guerre et non pas sur l’ensemble de la période coloniale). Cette semaine, la France nous a remis les cartes des mines déposées au cours de cette guerre. C’est l’occasion de creuser notre mémoire pour lui donner un nouveau sens et une orientation claire et positive. En suivant cette voie, nous construirons un pont entre ces deux mémoires blessées.

 

Essayons de regarder la vérité en face afin de construire un avenir serein pour les générations futures…



[1] Cf. Quotidien d’Oran du 11octobre 2007.

[2] Lors de la préparation d’un documentaire réalisé par Mustapha Tadjenente, des témoignages ont été recueillis à propos des massacres commis par le FLN contre les militants. (Diffusion fin décembre 2007).

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Sun, 04 Nov 2007 19:04:15 GMT http://psycho.dzblog.com/article-192321.html
Culturel ou cultuel ! http://psycho.dzblog.com/article-186350.html « Pense aux changements sans nombre auxquels toi-même tu as pris part. Tout est changement dans l’univers et la vie n’est elle-même que ta manière de la considérer. »

 

Marc Aurèle.

 

Ils nous ont dit un jour : « Méfiez-vous des livres », parce que les livres viennent de loin, et ils apportent avec eux des idées étrangères, qui peuvent détruire les traditions auxquelles nous sommes attachés. Ils nous ont dit un jour : « Méfiez-vous des étrangers », parce que les étrangers qui arrivent de loin portent des idées nouvelles qui peuvent détruire la fibre de la vie communautaire et de nous convertir à leur religion. Ces avertissements sont tant répétés depuis la nuit des temps que les gens en sont saturés. Nous sommes également saturés par la vitesse à laquelle les modes de communications, des transports, de la santé, etc. évoluent.

 

Les médias et internet envahissent l’esprit de chacun d’opinions, d’attitudes, de goûts, de valeurs et d’idées diverses venus du monde entier. Nous ne sommes pas entraînés dans une simple révolution, mais dans une transformation massive et multiforme de la vie culturelle. Nos traditions les plus chères, tout ce qui donne un sens à notre vie, tout ce qui mérite d’être accompli, cohabite avec de multiples possibilités alternatives. C’est ainsi que la culture joue un rôle primordial dans la vie d’un individu. La « culture », ce ne sont pas seulement les habits traditionnels, les danses et chants folkloriques. La culture, c’est la manière par laquelle s’exprime la nature humaine. Elle est le terrain sur lequel nous avançons consciemment vers notre destin, vers une expérience pleine de vie. Tout être humain existe et se réalise dans une culture donnée. Comme nous faisons tous partie d’une culture au moins, il ne saurait exister de point de vue extérieur « neutre » à partir duquel évaluer ou juger une autre culture ; nous sommes dans tous les cas dépendants du langage et du critère de vérité de notre propre culture. En conséquence, il est impossible d’établir une hiérarchie entre les cultures ou de prétendre que les valeurs d’une culture peuvent s’appliquer toujours aux autres cultures ; c’est dire qu’il est impossible d’absolutiser ou d’universaliser ses propres valeurs. Nous pouvons seulement parler d’invariants humains, c’est-à-dire des réalités propres à toute l’humanité, telles que penser, parler, croire, aimer…que chaque culture interprète néanmoins de façon différente et spécifique. Contrairement aux idées répandues, les cultures, en réalité, ne sont pas statiques : elles se trouvent dans un processus continu de transformation. Dans le même ordre d’idée, nous ne pouvons pas nous enfermer dans notre culture, par crainte de la perdre. Bien au contraire, la nourrir par d’autres cultures, c’est l’enrichir d’une manière intelligente (et non pas en la singeant) en l’intégrant dans notre mode de vie.

 

Dans notre société, l’intolérance prédomine. Ceci est dû, à mon avis, à la réforme du système éducatif de l’école fondamentale qui a été mise en vigueur au début des années 80. Ce système éducatif ne valorise guère l’accès aux autres cultures. Peu de textes dans l’éducation religieuse ou civique introduisent à la culture de l’autre. Prenons l’exemple français : dans les établissements laïques, les diverses religions sont abordées en cours d’Histoire. Dans les établissements catholiques, on aborde en cours de catéchèse non seulement l’Evangile mais aussi les textes des autres confessions, y compris l’Islam.

 

Ceci dit, la culture ne doit pas être réduite seulement aux aspects religieux, mais comme je l’ai souligné plus haut, elle doit en intégrer l’ensemble des modes d’expression humaine. L’arabisation de l’école algérienne est plus dogmatique que rationnelle, et les algériens subissent des préjudices directs et collatéraux à nos jours. En effet, comme le souligne le brillant sociologue algérien, Lahouari Addi[1], l’accumulation de problèmes de différents ordres en Algérie, s’est traduite dans la structure de son élite dont une fraction, francophone, est plus sensible au développement économique pour résoudre la question sociale (chômage, analphabétisme, croissance démographique, malnutrition, scolarisation, etc.), et l’autre fraction, arabophone, est préoccupée par l’affermissement de l’identité culturelle arabo-islamique. Ainsi, les arabophones, culturellement plus proches du peuple, poursuivent l’utopie de faire revivre l’héritage culturel précolonial. Cependant, les francophones, nourris par un idéal républicain, sont davantage attirés par les valeurs universelles. Leurs compétences techniques ont été utilisées par l’Etat qui leur a confié la gestion administrative et la direction économique. Par contre, les arabophones sont chargés d’appliquer des tâches d’orientation culturelle et idéologique dans l’enseignement. Le statu quo de cette orientation politique est très amer : après l’échec économique, les francophones se sentent exilés dans leur propre pays car ils ne parviennent pas à s’identifier aux valeurs culturelles de la société algérienne. C’est l’une des raisons qui pousse beaucoup d’entre eux à partir à l’Etranger (émigration culturelle). Parallèlement, ceux issus de l’école fondamentale occupent de plus en plus des postes à haute responsabilité sans réelles compétences. Désormais, l’incompétence envahit l’ensemble des domaines de gestion de l’Etat.

 

Cependant, la Tunisie doit être pour nous une référence en matière de système éducatif afin de comprendre là où l’Algérie échoue. Le problème ne réside pas dans le choix de l’arabe ou du français mais dans le contenu proposé aux élèves et les méthodes pédagogiques utilisées. La lecture d’un journal au quotidien n’est pas suffisante pour se cultiver et pour connaître sa culture et celle des autres. Dans l’imaginaire collectif algérien, il manque des personnalités intellectuelles se démarquant par leur notoriété. Un « intellectuel » est une personne qui, à partir de l’autorité acquise dans un domaine de la vie, de l’esprit (science, littérature, philosophie), intervient dans le débat public. Dommage que nous n’ayons pas su intégrer des St Augustin, Albert Camus ou d’autres…

 

La culture générale à l’école !

 

 

Si l’on réfléchit, hors de tout contexte réel et dans une perspective purement idéale, à ce que doit transmettre, aujourd’hui, l’école aux enfants, on pourrait aisément, selon Pierre-Henri Tavoillot[2], s’accorder sur cinq dimensions :

 

  1. Les compétences fondamentales pour l’entrée dans le monde social et culturel : lire, écrire, compter ;
  2. Des éléments d’une culture spécialisée entendue comme un approfondissement de chacune de ces compétences fondamentales ; autrement dit, des savoirs « disciplinaires » précis touchant aussi bien le domaine des humanités que celui des sciences et des techniques ;

     

  3. Des « compétences » générales ou savoir-faire, allant de la découverte des mérites jusqu’à la maîtrise de la bureautique et des langues vivantes étrangères, en passant par les pratiques sportives, technologiques, artistiques… ;

     

  4. Des normes de comportement et de communication, depuis la « représentation de soi » jusqu’aux règles de politesse et de civilité, en passant par quelques éléments de rhétorique, d’éloquence, d’art épistolaire… ;

     

  5. Une « culture générale », entendue non comme juxtaposition de savoirs spécialisés, mais comme unité organique des connaissances, dans les sciences comme dans les humanités, susceptible de constituer un fondement solide pour une spécialisation/professionnalisation future.

     

 

Toutes les sciences peuvent intégrer la culture comme un mode d’expression et de réflexion, c’est ainsi qu’on peut parler d’une culture scientifique, de culture de la recherche, etc. Cette culture générale est l’essence de l’éducation.

 

 

Le migrant et la culture.

 

 

Le migrant est porteur d’une culture, d’une identité ; il est le témoin d’une civilisation qui fait ou a fait ses preuves. Aujourd’hui, l’incompréhension de la culture de cette nouvelle population est due à l’ignorance des valeurs de l’autre. Contrairement aux clichés répandus, la majorité des migrants ont la volonté profonde de s’intégrer au pays d’accueil sans perdre racine. Ce qu’ils refusent, c’est le fait d’être perçus comme les boucs émissaires des difficultés des sociétés d’accueil dans lesquelles ils vivent. Certains accusent et stigmatisent injustement les migrants d’être incapables de s’intégrer à cause de leur culture, d’être la cause du chômage, d’être ingrats ou déloyaux et incapables de mobilité et d’intégration. Le problème peut être le refus de reconnaître l’altérité, sous prétexte de détenir le seul modèle de vie apte au progrès. Le dialogue interculturel est impératif pour notre monde actuel. L’interculturalité découle de la conscience des limites de chaque culture et de la relativisation de tout ce qui est humain. Elle se manifeste en tant que caractéristique intrinsèquement humaine et donc aussi culturelle.



[1] Cf. Les intellectuels algériens et la crise de l’Etat indépendant – 2000

[2] Pierre-Henri Tavoillot est philosophe. Cf., le débat (Juillet- août 2007)

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Sun, 14 Oct 2007 13:41:14 GMT http://psycho.dzblog.com/article-186350.html
Sommes-nous condamner à vivre dans l'attente? http://psycho.dzblog.com/article-182463.html Publier dans le Qotidien d'Oran du 13/12/07

« La vie humaine prise en elle-même est un tissu de souffrance où brille ça et là une leur de joie. L’homme a l’habitude de s’arrêter au plus sensible et non au plus raisonnable. Alors, il souffre davantage. »

 

 

George Bergantz

 

 

 

 

 

Nous avons tous en mémoire ces années où chaque samedi matin nous avions droit à la Une noire de nos journaux : des villages entiers décimés et des explosions de bombes dans nos villes. C’était la période la plus noire de notre histoire contemporaine. Notre sang a trop versé et le peuple est fatigué d’être victime de tout. Victime d’un litige pour l’accès au palais d’El Mouradia qui ne lui rapporte, en fin de compte, que de la misère. Combien de chefs de gouvernement ont-ils dit : « il faut se serrer la ceinture » ? Pourtant, lorsque les caisses de l’Etat sont pleines, le peuple doit encore se serrer la ceinture ! Alors, à qui profite tout cet argen